
Hors les murs – 2026 – Gilles Miquelis – SOL ! #3

Hors les murs – 2026 – Frédérique Nalbandian – Poésie fait maison
Gilles Miquelis, peintre du temps suspendu
Diplômé de l’École des Beaux-Arts de Montpellier, Gilles Miquelis développe une pratique de la peinture à l’huile marquée par un geste rapide, précis et maîtrisé. Il conçoit ses œuvres comme des instantanés, cherchant à fixer une impression avant qu’elle ne disparaisse. La peinture devient ainsi un moyen de retenir ce qui est éphémère.
Le temps occupe une place centrale dans son travail. L’artiste ne cherche pas à situer ses scènes dans une époque identifiable. Cette approche guide l’ensemble de son œuvre et constitue l’un des fils conducteurs majeurs de l’exposition.
Des mondes flottants : solitude et scènes hors du temps
Les figures représentées dans les œuvres de Gilles Miquelis évoluent dans des intérieurs reconnaissables — salons, chambres, espaces domestiques — tout en étant détachées de la réalité. Le public est ainsi plongé dans des espaces privés, calmes et presque secrets.
Si ces scènes semblent très personnelles, elles renvoient pourtant à des situations largement partagées. Gilles Miquelis évoque des moments de pause, de retrait et de silence, où les personnages, libérés des contraintes du quotidien semblent exister. Bien que souvent représentés en groupe, ils dégagent un sentiment de solitude.
Les couleurs lumineuses et les repères esthétiques volontairement brouillés rendent toute datation incertaine. Les scènes apparaissent hors du temps, dans un espace indéfini. La question du temps traverse ainsi l’ensemble du parcours. Gilles Miquelis ne cherche pas à raconter une histoire, mais à saisir un état ou une sensation.
Le geste rapide du peintre traduit l’urgence à fixer une image avant qu’elle ne s’efface. Certaines œuvres demandent un temps de regard plus long, permettant à celles-ci de se révéler progressivement.
Corps, symboles et humour discret
Les personnages de Gilles Miquelis sont majoritairement féminins. Ils sont souvent représentés de dos ou de profil, indifférents au regard. Cette posture met en avant leur fragilité et leur vulnérabilité. Certaines œuvres introduisent un humour discret, parfois légèrement décalé. Des figures d’enfants tenant une cigarette, par exemple, associent innocence et transgression. Ces images rappellent le caractère éphémère des choses et apportent une dimension particulière au travail de l’artiste.

