
Hors les murs – 2026 – Gilles Miquelis – Des mondes flottants
Exposition collective avec : Frédérique Nalbandian, Pierre Mabille, Aurélie Mathigot, Marie-Claire Mitout, Bernard Moninot, Lionel Sabatté
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"Poésie fait maison formule avec 6 artistes contemporains et 99 poètes une proposition : et si certaines écritures plastiques venaient au secours du poétique ? Le poétique se voit, la poésie est invisible. Poésie fait maison tente, en intégrant la dimension domestique de La Gaya Scienza qui l’accueille, de donner à voir ce que l’on ne voit pas, d’approcher ce qu’on ne saisit pas, de rêver autour de cette idée qui ne se définit pas qu’est la poésie.
Poésie fait maison formule une proposition : et si les arts plastiques venaient au secours du poétique ? À voir le poétique partout, la poésie est nulle part. Un coucher de soleil un peu orange, un peu mauve ? C’est poétique. Un piano languissant ? Poétique. Des pétales de fleurs sur l’asphalte ? Poétique. Poétique partout, poésie nulle part. L’exposition Poésie fait maison réunit à la Gaya Scienza six artistes dont la démarche est profondément poétique sans en convoquer de prime abord le sentiment. À l’image de la poésie, ils sont inclassables, indéfinissables, mêlant dans leur travail les approches et les supports, dans une hybridation des techniques qui montre et transforme en un même geste. Pourquoi la poésie, et pourquoi la maison ? Parce que nous sommes poètes et parce que La Gaya Scienza est une maison, il nous a semblé naturel de placer la question domestique au centre de cette exposition. La poésie est une habitation en soi, dans laquelle on vit sans emménager, qu’on squatte ou transforme, refaisant sans cesse l’état des lieux, où l’on circule entre le dedans et le dehors, que l’on quitte et que l’on retrouve, dont nous sommes à la fois les habitants et les visiteurs. Poésie fait maison est une hospitalité.
Avec les portraits de cheveux et poussières domestiques de Lionel Sabatté, les objets du quotidien soumis aux dérives textiles et aux broderies d’Aurélie Mathigot, l’infinie variation des formes et des couleurs de Pierre Mabille, l’invention scientifique de Bernard Moninot, le méticuleux journal de peinture de Marie-Claire Mitout, ou les transformations de la matière de Frédérique Nalbandian, il nous apparaît que ces artistes inventent un parcours poétique avec une écriture propre aux arts plastiques, en reconfigurant les matières, les formes, les couleurs, la mémoire et le temps. Se posant la question de la représentation, mais avant tout de ses moyens, ils changent le ciel en musique, le vent en dessins, les cheveux en visages, les fleurs vivantes en statues de plâtre, les objets du quotidien en tissu, les images en mots. Chacun avec un medium et des matériaux propres : peinture, éléments naturels et organiques, sculpture, photographie, plâtre et savon, dessin, installation, textile.
Le poétique se voit, la poésie est invisible. Poésie fait maison tente, en intégrant la dimension domestique de La Gaya Scienza qui l’accueille, de donner à voir ce que l’on ne voit pas, d’approcher ce qu’on ne saisit pas, de rêver autour de cette idée qui ne se définit pas qu’est la poésie. Chacun des espaces propose une scénographie, une installation dédiée à un artiste et à son univers. Sans négliger la dimension entre le dedans et le dehors, jusqu’au jardin. Cette déambulation de pièce en pièce s’articule autour 99 poèmes accrochés sur un fil le long des couloirs, comme un linge qui sèche. 99 variations possibles de la maison, par 99 poètes venus des toutes les époques et de tous les horizons. Les poèmes se font lieu de passage et de distribution, jalons qui guident et irradient dans l’espace. Si les pièces sont un espace intime, les couloirs sont lieu collectif qui organise aussi bien la circulation que la mise en relation des êtres et des œuvres qui habitent le lieu.
Poésie fait maison n’apporte pas de réponse à la question dont elle s’empare, elle formule une hypothèse, elle ouvre les portes dans la maison infinie du poème."

