Vit et travaille à Paris

 

Pauline Brun commence sa formation en danse classique et contemporaine au Conservatoire Régional de Nice avant d’entrer à l’École Supérieure d’Arts Plastiques, la Villa Arson, puis à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris où elle développe un travail de sculpture, installation et vidéo. C’est depuis sa recherche plastique qu’elle se redirige vers la danse et la performance et intègre la formation ex.e.r.ce au Centre Chorégraphique National de Montpellier. Là, elle expérimente l’espace scénique, développe un travail chorégraphique et entame différentes collaborations sur des questions dramaturgiques et scènographiques. Invitée pour l’exposition Museum On/Off au Centre Georges Pompidou en 2016, elle écrit la performance GRAND BAIN pour l’espace de la collection permanente. Pour la Nuit Européenne des Musées au MAC VAL, elle présente la performance ÉTALON PAR DÉFAUT. Elle participe également à des expositions collectives avec des installations et vidéos. Par ailleurs, elle est interprète, accompagne à la mise en scène ou conçoit des espaces pour les chorégraphes Fanny De Chaillé, Paula Pi, Pauline Simon, Ingrid Berger Myhre et Gaetan Bulourde.

 

 

En Suspens

Pauline Brun

Pour aborder le travail de Pauline Brun, il faudrait tout de suite commencer par isoler deux espaces : celui physique, géographique ou architectural, celui qui délimite finalement, et celui plus métaphysique, de la création, de la logique même de l’oeuvre en devenir. Ces deux espaces possèdent des paramètres qui leurs sont propres. Possèdent leurs règles et lois et permettent à l’artiste de venir opérer dans un cadre qui impose donc ses limites, les contextes qui le régissent. Le travail de Pauline Brun est donc une tentative pour venir appliquer dans le cadre de ces limites, une succession d’opérations, de gestes qui viendront repousser ces frontières et ce faisant, venir les effacer pour créer un troisième espace qui est celui de l’oeuvre.

Espace qui saura tous les réunir pour saisir, en un mouvement, ces vibrations et frottements d’éléments qui semblaient au départ pourtant isolés, mais qui soudainement, et ensemble, font sens. Si l’on isole dès le départ deux espaces, peut être pouvons nous évoquer également deux gestes qui leur sont propre : le retournement, et l’injection de procédés narratifs. Les oeuvres de Pauline Brun sont pensées pour des espaces. Il s’agira toujours d’un travail qui viendra faire écho au lieu supposé l’abriter. Ainsi l’enjeu du travail est d’utiliser les contraintes du lieu pour en opérer un bouleversement que j’appelle ici retournement. Ici, une planche de bois se transforme en surface suspendue, nécessité de la forme par l’action de la peinture qui lui impose son poids et ces propriétés physiques pour un temps de séchage. Là les murs ou cloisons servent de matière première à l’élaboration d’une sculpture dont on ne saurait d’ailleurs pas dire s’il s’agit d’une sculpture ou du socle attendant son oeuvre. Il semble que le mur lui-même se soit mis en marche et en mouvement et que, dans un grand effort, il soit parvenu à repousser la matière qui l’encerclait et le constituait, s’extrayant ainsi de sa condition. L’espace lui même, prit dans ses contraintes physiques, est ainsi traité comme un matériau que l’artiste vient sculpter à sa guise, le tirant, le tordant, le repoussant à l’extrême. Isoler ces éléments, les sortir de leur contexte initial et les retourner pour en faire ce qu’ils ne sont pas, c’est donc poser la question de ce qu’ils sont. C’est en posant cette question que les jeux narratifs commencent. L’artiste volontairement laisse sa trace dans la manipulation de ces espaces, et joue de celle-ci. Brouillant les pistes, en créant de fausses, en effaçant certaines, accentuant par moment le trait. Isoler la matière constitutive de l’espace et la traiter comme un objet, c’est lui donner un corps. Les oeuvres et l’espace portent ainsi les traces de leur propre histoire dont on ne saurait jamais dire si elles participent d’une fiction ou documentent la réalisation même du travail plastique. Un corps portant les stigmates d’un jeu ou d’un affrontement entre lui et l’artiste. Se déploie ainsi tout un vocabulaire poétique et imagé qui fait raisonner les corps entre eux, les matériaux et les formes. La découpe de la cloison laisse apercevoir le mur qui la soutient, stratifiant ainsi l’architecture du White Cube pour mieux en révéler sa double appartenance, en temps qu’espace, à l’univers tant théorique qu’architectural. Le renvoyant dans le même geste à sa condition d’objet historique, celui que l’on peut donc raconter.

Et si l’artiste laisse des traces, des preuves de son passage, c’est que le travail de Pauline Brun n’est finalement rien d’autre que la pratique de ces espaces. C’est par l’expérience de la manipulation de ces différents objets que le travail apparait. C’est parce que la cloison du mur est devenu sculpture, que l’espace peut être lu dans sa dimension poétique, révélant l’histoire dont il est porteur, histoire qui n’aurait pas su se dévoiler si le geste de l’artiste ne l’avait pas découverte. C’est donc bien un socle que l’on observe, celui là même qui soutient la pratique et l’expérience qui, ainsi, réunis en un geste font oeuvre. C’est au final par le corps, et par le corps de l’artiste si souvent mis en scène ou mis en jeu dans son travail (et l’on fait soudainement le lien entre cette surface rouge prit dans son temps de relâche et le costume que l’artiste arbore dans certaines de ses vidéos, travail qui n’est pas présenté ici et qui permet donc ce laps de temps nécessaire au nettoyage et au séchage du costume), que Pauline Brun dévoile les espaces dans lesquels son travail prend forme. Et c’est par l’expérience de ces espaces qu’elle parvient à créer celui dans lequel l’oeuvre d’art se déploie.

Arthur Eskenazi

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Pauline Brun, Relâche, 2014, Installation in situ, Contre-plaqué, peinture, câble,
250 x 120 x 500 cm

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Pièce de coupe, 2014, Installation in situ, mur, découpe, socle, 200 x 160 x 40 cm

Pauline Brun n° 5377 [Dessin préparatoire à pièce de...] 2014 Série de dessins,Papiers, graphite, découpe, collage 50 x 65 cm

Pauline Brun, “Dessin préparatoire à pièce de coupe”, 2014, 50 x 65 cm
Série de dessins, Papiers, graphite, découpe, collage

Pauline Brun n° 5658 [Under Control] 2015 Plaque de pltre, pltre, colorants.Non signé et non daté 90 x 120 x 90 cm ©Artiste

Pauline Brun Under Control, 2015, 90 x 120 x 90 cm, Plaque de plâtre, plâtre, colorants

EXPOSITIONS

 

2018

Caméra Caméra / Galerie Éva Vautier, Hôtel Windsor, Nice

Avis de grand frais / Exposition collective / Cannes

Éclairage Public 2 / Performance / La Station, Nice

Warm up / Exposition collective / Bruxelles

Pink Room / Atelier Estienne, Pont-Scorff

 

2017

MOVIMENTA / Galerie Éva Vautier, Nice

Blaise Start / Performance de restitution de workshop / Ping Pong Théorie / Centre Geogres Pompidou, Paris

Blaise Start / Performance de restitution de workshop / MAC VAL, Vitry-sur-Seine

Nuit Européenne des Musées / Performance / MAC VAL, Vitry-sur-Seine

Salon de Montrouge / Exposition collective / Montrouge, Paris

 

2016

Par le courant d’un fleuve submergé / Exposition collective / Grotte du Dard, Baumes les Messieurs

GRAND BAIN / Exposition Museum ON/OFF / Centre Georges Pompidou, Paris

 

2015 

OVNI / Exposition collective / Hôtel Windsor (par la Galerie Eva Vautier), Nice

Tribu / Exposition collective / Galerie Eva Vautier, Nice

Hypothèse / Exposition CRATCH / 116, Montreuil

À une année lumière / Exposition collective / Galerie Eva Vautier, Nice

Toujours sans titre #radiophonique / Festival Tropisme / La Panacée, Montpellier

 

2014 

R.A.S. / Exposition collective / Galerie ABC, Dijon

Feldstärke International / Kyoto Art Center, Kyoto (Japon)

En suspens / Exposition collective / Galerie Eva Vautier, Nice

In fieri / Exposition collective / Dole

Feldstärke International / Exposition collective / Monte Vidéo, Marseille

Fenêtre indiscret Janela do pàtio / Collaboration avec Bruno Freire / La Panacée, Montpellier

10 ans / Exposition collective / Galerie Espace à Vendre, Nice

 

2013

En déséquilibre / Monographie / Galerie 360m3 / Biennale Off, Lyon

Aux demeurants / Exposition collective / Château de Neublans-Abergement, Neublans

Objet #3 / Collaboration avec Arthur Eskenazi et le Collectif d2 / Point Éphémère, Paris

 

2012

(72h/85 m2) / Exposition collective / Galerie Schirman et de Beaucé, Paris  

Groom / Exposition collective / Parcours Saint-Germain, Hôtel Lutetia, Paris  

 

2011

Bandits-mages / Exposition collective / Bourges

Le grand écart / Exposition collective / Galerie Espace à Vendre, Nice

Festival Video Art / Exposition collective / Athènes (Grèce)

Biennale Wro Art Center / Exposition collective / Wroclaw (Pologne)

 

 

PERFORMANCES SCÉNIQUES

Scruffy Shot / Festival C-TAKT#2 / C-Mine, Genk / 2018 

And we are not at the same place / Athens and Epidaurus Festival, Athens / 2016 

Avant-propos / ICI-CCN, Montpellier / 2015 

Toujours sans titre / ICI-CCN, Montpellier / 2015 

Encore sans titre / ICI-CCN, Montpellier / 2015 

Note déplacée / ICI-CCN, Montpellier / 2014 

Interlude spectaculaire / ICI-CCN, Montpellier / 2014

 

 

SCÉNOGRAPHIES

Störlaut / Jule Flierl / Charleroi Danse, Bruxuelles / Les Rencontres Chroégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis, Paris / Schaubühne Lindenfels, Leipzig / Sophiensaele, Berlin / MUMOK, Impultanze, Vienne / 2018 

Dans la profondeur de champ / Gaëtan Bulourde / France / 2017 – 2018 

Supplies / Ingrid Berger Myhre / Black Boxe Theater, Oslo / 2016 

Hecce (H)omo / Paula Pi / CN D Pantin / 2016 

Postérieurs / Pauline Simon / Ménagerie de Verre, Paris / 2016 

Das ist / Paula Pi / Théâtre de poche, Hédé / 2015

 

 

INTERPRÈTE

Réciter Les Langues / Lynda Rahal et Célia Gondol / Palais de Tokyo, Paris / 2017 

Dans la profondeur du champ / Gaëtan Bulourde / France / 2017-2018 

Mauvais Genre / Alain Buffard / CN D Pantin, Théâtre de Nîmes / 2017 

À la recherche du _ / Bruno Freire / ICI-CCN, Montpellier / 2015-2016 

Passage à l’acte / Fanny De Chaillé & Philippe Ramette / France & USA / 2011-2016

 

 

RÉSIDENCES

La Station, Nice / 2018 

TAKT-Dommelhof, Neerpelt / 2018 

CN D, Pantin / 2017-2018 

workspacebrussels, Bruxelles / 2016-2017 

Cité Internationale des Arts, Paris / 2015-2017 

Honolulu, Nantes / 2015 

Théâtre de poche, Hédé / Collaboration avec Paula Pi / 2015 

Villa Arson, Nice / Collaboration avec Diane Audema & Diane Blondeau / 2014 

Villa Arson, Nice / Partenariat avec ICI-CCN Montpellier / 2013

 

 

WORKSHOPS

CN D, Pantin / 2018 

MAC VAL , Vitry-sur-Seine / 2016 – 2017 

Centre Georges Pompidou / Studio 13-16, Paris / 2017

Site personnel :

http://paulinebrun.com/

En suspens
Exposition du 13 mai au 14 juin 2014

Pauline Brun, Alice Guittard, Charlotte Pringuey-Cessac, Agnès Vitani

 

 

 

Pauline Brun, Alice Guittard

Exposition En Suspens à la Galerie Eva vautier