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Drawing Now Art Fair du 28 au 31 mars 2019

DRAWING NOW ART FAIR

 

Ben Vautier artiste en focus

Gregory Forstner, Natacha Lesueur, Gérald Panighi, François Paris et Julien Beneyton artiste invité

 

 Galerie Eva Vautier, STAND C13, Drawing Now Art Fair, Le Carreau du Temple, Paris

Pour cette nouvelle participation au salon Drawing Now, la Galerie Eva Vautier présente les dessins de Ben Vautier, Gregory Forstner, Natacha Lesueur, Gérald Panighi, François Paris et Julien Beneyton artiste invité.

Le focus du stand est dédié à Ben Vautier, avec une sélection de dessins rares et historiques, d’autres récents, constituant un ensemble d’écritures et aphorismes sur papier. Depuis 1958, Ben tisse par l’écriture, peinte ou dessinée, des passerelles entre l’art et la vie. Les supports qu’il utilise, au départ pancartes et affiches, puis toiles et papiers noirs, affirment le caractère pictural de ses dessins actuels : écritures manuscrites au stylo correcteur blanc sur fond noir. Avec un ton proclamatoire et provocateur, ses dessins déroulent le fil de sa pensée, mettant en scène son « moi », son égo, ses autocritiques, questionnements et affirmations sur la vie.

Gregory Forstner expose une série de dessins réalisés au fusain, distingués par son geste pictural vif et expressif. Gentlemen à tête de mort, de cochon ou de chien, figures récurrentes du répertoire iconographique de l’artiste, composent un univers étrange emprunt d’allégories.

Les dessins de Natacha Lesueur, hyper-réalistes, reprises méticuleuses à la mine graphite inspirées de sa pratique photographique, sont inédits et réalisés spécifiquement pour cette édition du salon Drawing Now 2019.

Gérald Panighi, révélé l’année passée par son « nuage », propose une composition de nouveaux dessins, toujours navigant entre une imagerie soigneusement négligée et de petites phrases du quotidien, qui par leur assemblage, provoquent un humour grinçant.

Les dessins de François Paris évoquent souvent le corps ou la mécanique, les visages sont absents, les regards se refusent à l’aveuglante lumière du monde. Leur langage, emprunt de la photographie et du cinéma, constitue un récit elliptique.

Enfin, à l’occasion de cette édition Drawing Now 2019, la Galerie Eva Vautier invite l’artiste Julien Beneyton, qui présente deux dessins, restitutions minutieuses d’un environnement immédiat et quotidien : les quartiers populaires et les marchés, les habitants et leurs humeurs, comme le « témoignage d’une époque ».

 


For this new participation to the Drawing Now fair, Galerie Eva Vautier presents drawings by Ben Vautier, Gregory Forstner, Natacha Lesueur, Gérald Panighi, François Paris and Julien Beneyton as a guest artist. The focus of the stand is dedicated to Ben Vautier, with a selection of rare and historical drawings, others are recent, creating a collection of writings and aphorisms on paper. Since 1958, Ben has been spinning, through handwriting, painted or drawn, bridges between art and life. The basis he has been using, some boards and posters at the beginning, then black canvases and papers, affirm the pictorial characteristic of his current drawings: handwritten with a white out pen over a black background. In a declaratory and provoking tone, his drawings open the flow of his stream of thoughts, staging his “Me”, his ego, his self-criticism, questionings and assertions on life. Gregory Forstner shows a series of charcoal drawings, distinguished by his sharp and expressive pictorial gesture. Gentlemen with their heads as a skull, that of a pig or a dog, recurring figures of the artist’s iconographic repertoire, compose a strange universe marked with allegories. 

The drawings of Natacha Lesueur, are hyper realistic, meticulous renditions in graphite, inspired by her photographic practice, they are new and especially made for Drawing Now 2019. 

Gérald Panighi, revealed last year with his “cloud”, proposes a composition of new drawings, still navigating between a carefully neglected imaging and some short daily life sentences, which, put together, trigger biting humor. 

The drawings of François Paris often evoke the body or mechanics, the faces are missing, the gazes reject the blinding light of the world. Their language, a borrowing from photography and cinema, creates an elliptic tale. 

Finally, for this edition of Drawing Now 2019, the Galerie Eva Vautier invites the artist Julien Beneyton, who presents two drawings, meticulous renditions of an immediate and daily environment: working-class areas and markets, the inhabitants and their moods, like the “account of a time.”

 

Ben Vautier, Parfois l’art me fait pleurer, 2019
Pastels sur papier, 65 x 50 cm

 

Ben Vautier, Le temps plus fort que l’art, 2019
Stylo Correcteur blanc sur papier, 21 x 30 cm

 

Gérald Panighi, Il dort chez ses parents la semaine, 2018
Technique mixte sur papier, 70,5 x 50 cm

Gérald Panighi, J’ai peur quand le téléphone sonne, 2018
Mine de plomb et crayon de couleur sur papier, 49 x 35,5 cm

 

Gregory Forstner, Sans titre, 2019
Fusain sur papier, 180 x 150 cm

 

 

Natacha Lesueur, Une chambre à soi 1, 2019
Mine graphite sur épreuve photographique, 53 x 37 cm

Francois Paris, De l’antique regard absent, 2019
Dessin à la mine de plomb sur papier Arches, 36 x 26 cm

 

 

Julien Beneyton, BEAU RIVAGE, BANDOL, 2015
Acrylique sur papier, 55 x 55 cm
Courtesy & Copyright Julien Beneyton

 

Geoffrey Hendricks “Skies” et Berty Skuber “Reusen” du 26 janvier au 23 mars 2019

Geoffrey Hendricks

“Skies”

 

et

 

Berty Skuber

“Reusen”

 

Du 26 janvier au 23 mars 2019

 

Geoffrey Hendricks, portrait © Photographie Thierry Bourgoin

 

Geoffrey Hendricks (1931 – 2018) représente aux Etats-Unis l’un des membres actifs du mouvement Fluxus, aux côtés de Georges Maciunas, dès 1960.
La représentation des nuages, et son étude systématique des couleurs de ciels, peints le plus souvent à l’aquarelle, lui ont valu le surnom de « cloudsmith – forgeron de nuage », que lui a attribué Dick Higgins. Dès 1965, il réalise les « Sky Boots » et recouvre ensuite de motifs nuageux, toiles, objets, installations et corps humains.
Geoffrey Hendricks élargit ses recherches à la performance, pratiquant la posture du poirier, produisant par son renversement tête en bas, une modification de la vision du monde, de l’art et de la culture.

 

Geoffrey Hendricks (1931 – 2018) was one of the active members of the Fluxus movement, with Georges Maciunas, in the United States, as early as 1960.
The representation of clouds, and his systematic study of the colors of the skies, most often painted with watercolor, led to his being nicknamed “Cloudsmith” by Dick Higgins. In 1965, he made the “Sky Boots” and later covered canvases, objects, installations and human bodies with cloud patterns.
Geoffrey Hendricks widened his research to performance, doing headstands, producing because his head was reversed, a modification of the vision of the world, of art and culture.

 

Berty Skuber, Reusen, 2000-2018, fils de cuivre

 

Berty Skuber (1941) élabore son oeuvre telle une encyclopédie fantastique, utilisant un large éventail de moyens d’expression : boîtes, assemblages d’objets et livres, photographies, dessins, collages, peintures et écritures.
Le langage est l’un des points de départ essentiels de son travail, qui est également mis en évidence par le soin apporté au choix des titres et des thèmes de ses expositions.

 

Berty Skuber (1941) elaborates her work like a “fantastic encyclopedia”, using a large scale of means of expression: boxes, collections of objects and books, photographs, drawings, collages, paintings and writings.
The language is one of the essential starting points of her work, which is enlightened by the care brought to the choices of the titles and the themes of her exhibitions.

 

Geoffrey Hendricks, More Than One Hundred Skies (Au-delà de 100 ciels), 2016, © François Fernandez

 

 

“Skies” de Geoffrey Hendricks, Exposition Galerie Eva Vautier, 2019, © François Fernandez

 


Geoffrey Hendricks, Headstand for Joe Jones / for Dick Higgins (Poirier), 1999, © François Fernandez

 

Geoffrey Hendricks, La Capra, 1976-1979, Coffret et photographies de la performance, © François Fernandez

 


Geoffrey Hendricks, La Capra, 1976-1979, Installation Galerie Eva Vautier, © François Fernandez

 

Berty Skuber, Exposition “Reusen” Galerie Eva Vautier, 2019, © François Fernandez

 

Berty Skuber, Paper Plates, 2009-2015, Exposition “Reusen” Galerie Eva Vautier, 2019, © François Fernandez

Avec plaisir

Avec Plaisir

 

Ben Vautier, Benoît Barbagli, Tom Barbagli, Pauline Brun, Marc Chevalier, Joseph Dadoune, Nicolas Daubanes, Sandra D.Lecoq, Kristof Everart, Gregory Forstner, Jacqueline Gainon, Alice Guittard, Jacques Halbert, Laurie Jacquetty, Natacha Lesueur, Philippe Matula, Gilles Miquelis, Frédérique Nalbandian, Gérald Panighi, François Paris, Florian Pugnaire, Charlotte Pringuey-Cessac, Caroline Rivalan, Simone Simon, Agnès Vitani, Anne-Laure Wuillai

 

Exposition du 7 au 22 décembre 2018

 

Sandra D.Lecoq, Les amours synéchiques, 2013

 

À découvrir pour vous faire plaisir cette fin d’année, une nouvelle sélection d’éditions et oeuvres originales des artistes de la galerie accompagnés de quelques invités.

 

« Avec Plaisir », visuels de l’exposition, © Photographies François Fernandez

FIGURATION LIBRE

FIGURATION LIBRE

 

BEN
Jean-Michel Alberola
Jean-Charles Blais
Rémi Blanchard
François Boisrond
Robert Combas
Groupe Dix 10
Hervé Di Rosa
Richard (Buddy) Di Rosa
Philippe Hortala
Mission Totale
Catherine Viollet

 

Exposition du 20 octobre au 1er décembre 2018

 

BEN Vautier, Le Tango Occitan, 1984

 

La “Figuration Libre” raconte les épisodes d’une histoire des débuts de la décennie, d’un moment de dégel politique et social, de fête, de fun, témoigne d’une production non académique, provocante, vitale, énergique, pulsionnelle … qui refuse la théorie, les groupes organisés, les manifestes, les normes. En France, Ben a donné un nom à cette liberté, ” Figuration Libre “, et une déclaration : « Libre de quoi ? / Libre de faire laid / Libre de faire sale / Libre de préférer les graffitis du métro de New-York aux tableaux du Guggenheim / Libre d’avoir une indigestion de Supports/Surfaces / Libre de dire ” l’histoire linéaire de l’art de Ben, rien à foutre ! ” / Libre de préférer passer la nuit dans une boîte de nuit que d’écouter Sollers / Libre d’avoir envie d refaire du Matisse, du Picasso, du Bonnard / Libre de chanter ” Maréchal nous voilà ” ou ” Viens Poupoule, viens ” / Libre d’aimer Mickey, la bande dessinée et pas Lacan / Libre de s’en foutre si on vous dit : tu copies / Libre de dire : ” Carpaccio, connais pas ! ” / Libre de vendre pour le fric / Libre de peindre sa bite en action / Libre de peindre sur n’importe quoi. » Ben, Figuration Libre, 1982.

 

” Figuration Libre ” est un art né de la culture populaire, dans la rue, dans l’environnement urbain, dans les clubs, autant que dans les ateliers et rarement dans les écoles. Un art rock et punk. Qui prend ses distances avec l’art minimal, avec l’art conceptuel du langage, du discours, du processus, avec l’Arte Povera ou le Supports-Surfaces des décennies précédentes.
On vit donc dix ans d’ébullitions et d’échanges avec la ” Figuration Libre ” les collectifs et les médias peintres en France, les Nouveaux Sauvages en Allemagne, les Nouveaux Artistes en Russie, le graffiti aux USA … Leur culture fait qu’ils exposent ensembles ou dans les mêmes galeries, réalisent des oeuvres, de la musique en commun.

 

En France, l’appellation ” Figuration Libre “, très ouverte au départ, se recentre autour d’un groupe constitué par Rémi Blanchard, François Boisrond, Robert Combas et Hervé Di Rosa, élargi à leurs plus proches : Richard (Buddy) Di Rosa et Louis Jammes. Catherine Viollet expose avec eux dès l’origine, fait des oeuvres en commun, leurs portraits, sans que leur collaboration s’ancre dans le temps. Dans la même mouvance s’inscrivent ceux que Ben nomme les ” satellites ” : lui-même à Nice, Philippe Hortala à Toulouse, Mission Totale à Monaco.
Richard (Buddy) Di Rosa témoigne : ” Le groupe d’amis que nous étions a été considéré comme porteur d’un nouveau mouvement ; et c’est vrai que le milieu de l’art avait besoin de se reconnaître dans quelque chose de nouveau, d’inattendu, de provocateur. “

 

Pascale Le Thorel, extrait, ” Libres Figurations années 80 “, Catalogue de l’exposition, Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la Culture

 

Exposition « Figuration Libre », Robert Combas, Jean-Charles Blais, François Boisrond, Ben Vautier
© Crédit photographique François Fernandez

 

Exposition « Figuration Libre », Mission Totale, Groupe Dix 10, Rémi Blanchard
© Crédit photographique François Fernandez

 

Exposition « Figuration Libre », Hervé Di Rosa, Jean-Michel Alberola, Richard Di Rosa
© Crédit photographique François Fernandez

 

Exposition « Figuration Libre », Philippe Hortala, Robert Combas
© Crédit photographique François Fernandez

“La Conjoncture du Hasard” François Paris et “I Draw You Watch” Nicolas Schevin

François Paris

La Conjoncture du Hasard

et

 

Nicolas Schevin

I Draw You Watch

 

Exposition du 2 juin au 28 juillet 2018

 

 

François Paris, Mythologie, 2017

 

 

Les dessins de François Paris semblent naître d’un désir d’histoires. Eléments parcellaires et essentiels d’un récit qui les dépassent, ils sont autant de chemins possibles activant un monde en permanente construction. Récupérées dans le flux des images circulant sur l’internet ou spécialement réalisées, les photographies qui servent à l’artiste de points de départ ont des qualités diverses. Singulières ou anecdotiques, elles évoquent souvent le corps ou la mécanique, le visage ou le crâne humain… Elles renvoient à la fugacité et à l’apparence.
Chaque dessin constitue le point de départ d’un récit elliptique à inventer. Les expositions de François Paris sont donc des scénarios ouverts, des séquences. En ce sens, on pourrait donc dire que ces œuvres empruntent autant au cinéma qu’à la photographie : les points de vue, les cadrages, les personnages, les indices, mais aussi et surtout, cette capacité à mettre en place des éléments capables d’ouvrir la voie à l’imaginaire.
Guillaume Mansart

 

François Paris, Le cavalier sans tête, 2018

 

François Paris, Sans titre, 2018

 

François Paris, Nihilistics Paradise, 2017

 

Les dessins de Nicolas Schevin propulsent le spectateur dans des expériences de visions rêveuses, parfois fiévreuses. Par le biais d’un support numérique, il créé des collages, compositions souvent agrandies de ses dessins spontanés, croquis ou brouillons, créant ainsi une tension entre l’ébauche et le dessin digital.
Ce travail d’assemblage clandestin organise des rencontres impossibles ou peu recommandables, entre des figures et quelques fragments de textes, reposant toujours sur un équilibre fragile.

 

Nicolas Schevin, Goldie, 2014

Drawing Now Art Fair 2018

Drawing Now Art Fair 12è édition

Du 22 au 25 mars 2018

Carreau du Temple, Paris

 

Avec les Artistes :

 

Gregory Forstner
Natacha Lesueur
Gilles Miquelis
Gérald Panighi
Florian Pugnaire
Ben Vautier

 

Dossier de presse en savoir plus 

 

La Galerie Eva Vautier présente à l’occasion de la douzième édition de Drawing Now Art Fair, une sélection d’œuvres de Gregory Forstner, Natacha Lesueur, Gilles Miquelis, Gérald Panighi, Florian Pugnaire et Ben Vautier.

Eva Vautier, fidèle à la ligne directrice de sa galerie ouverte en 2011, tisse des possibles entre des générations d’artistes qui ont marqué l’histoire culturelle depuis l’École de Nice, Fluxus, et jusqu’à nos jours.

Si certains d’entre eux jouissent d’une reconnaissance nationale voire internationale, comme Ben Vautier, Gregory Forstner, Natacha Lesueur et Florian Pugnaire, des artistes comme Gilles Miquelis et Gérald Panighi trouvent ici l’opportunité de faire découvrir à un public plus large la pertinence de leurs pratiques. Ces derniers construisent depuis plusieurs années une œuvre affirmée et établie, reconnue par l’institution et les collectionneurs français.

 

Ainsi le « focus » du stand sera consacré à Gérald Panighi, avec une sélection d’œuvres réalisées entre 2000 et 2018. Ses dessins, oscillant entre une imagerie soigneusement négligée et de petites phrases du quotidien, déclenchent de par leur assemblage un rire grinçant. Rappelant autant l’humour de Glen Baxter que la poésie de Magritte, ils nous renvoient à nos propres imperfections.

 

Gilles Miquelis et Gregory Forstner exposeront quant à eux des œuvres récentes consacrées à l’exercice classique du portrait, qu’ils interprètent pour l’actualiser.

Gilles Miquelis exposera une série de dessins réalisés entre 2016 et 2018. Inspirés de peintures du dix-neuvième siècle, que l’artiste se réapproprie à grands coups de fusain, ils représentent des enfants issus de la bourgeoisie, qui nous toisent avec dédain en fumant des cigarettes. De par leur ironie transgressive, les œuvres de Gilles Miquelis tournent à la dérision les tableaux autrefois commandés par les bourgeois pour symboliser leur prospérité.

Gregory Forstner présentera des portraits réalisés entre 2015 et 2018 dans lesquels on retrouve son geste pictural dynamique : majordomes, hôtesses de l’air, gentlemen à tête de mort, de cochon ou de chien, figures récurrentes du répertoire iconographique de l’artiste, composent ici un univers plastique étrange et suranné. Le plus souvent de grand format, les sujets de ses dessins puisent dans l’histoire de l’art, dans un culture populaire, ainsi que dans sa mythologie personnelle.

 

Spécifiquement pour Drawing Now, des dessins inédits de Natacha Lesueur et de Florian Pugnaire seront présentés, nous faisant découvrir de nouveaux possibles chez ces artistes connus surtout pour leurs photographies, leurs sculptures et leurs vidéos.

Natacha Lesueur pense le dessin comme une déclinaison de sa pratique photographique : reprises méticuleuses de ses images très colorées, ses dessins en noir et blanc produisent une aporie et concentrent notre attention sur la seule composition. Hyper-réalistes, ses dessins imitent en quelque sorte la photographie, tout en ouvrant de nouvelles perspectives : contrariant l’enceinte close du cadre photographique et proposant ainsi des représentations inachevées.

 

Florian Pugnaire décline son univers sculptural et vidéographique post-industriel sous la forme de dessins réalisés au feu, reprenant une imagerie issue de ses films : chantiers dévastés, voitures accidentées… Dynamiques et parfois violentés, ses dessins témoignent de son processus de travail, qui s’appuie avant tout sur le geste et l’expérience.

Enfin, Ben Vautier exposera des dessins rares et historiques, réalisés entre 1958 et 1979. On y retrouve le ton proclamatoire et subversif de cet artiste emblématique de l’École de Nice mais on y découvre également des œuvres plus intimistes, sensibles et poétiques.

La Galerie Eva Vautier présente pour le Parcours Master Now un dessin historique de Ben Vautier, Banane, réalisé en 1958.

 

The Galerie Eva Vautier, faithful to its guiding line, has been weaving since its opening in 2011, possibilities between generations of artists that have stood out in cultural history from Fluxus to these days.

If some of them enjoy a national and even international recognition, such as Ben, Grégory Forstner, Natacha Lesueur and Florian Pugnaire, artists like Gilles Miquelis and Gérald Panighi find here the opportunity to have a wider audience discover the relevance of their practices. The latter have been constructing an assertive and established body of works, recognized by the institution and French collectors.
Thus, the “focus” of the stall will be devoted to Gérald Panighi, with a selection of works made between 2000 and 2017. Gilles Miquelis and Grégory Forstner will show recent works dedicated to the exercise of the portrait they interpret to bring it put to date.

For the occasion, some surprising proposals, made specifically for Drawing Now, new drawings by Natacha Lesueur and by Florian Pugnaire, will be presented for the first time, introducing new possibilities for these artists mostly known for their photographs, their sculptures and their videos.
Also presented, some rare and historical drawings by Ben Vautier, made between 1958 and 1979.  Really bearing witness to the works of this major artist.

 

Gérald Panighi, C’est moi qui t’ai trouvé, 2017
Peinture à l’huile, mine de plomb et huile de lin sur papier, 75 x 57,5 cm

 

Ben Vautier, Banane, 1959
Encre de chine sur papier, 93 x 72 cm
Gregory Forstner, Sans titre, 2009
Fusain sur papier, 140 x 107 cmNatacha Lesueur, Grimoire #2, 2018
Graphite sur papier, 11 x 11 cm
Gilles Miquelis, Sans titre, 2017
Fusain sur papier, 75 x 55 cmFlorian Pugnaire, Sans titre, 2018
BA13, mur de brique, empreinte au feu, 40 x 60 cm

“Des Racines” Yosef Joseph Dadoune et “Deux tiers, un tiers” Jean-Baptiste Warluzel

Yosef Joseph Dadoune

Des Racines

 

et Jean-Baptiste Warluzel

Deux tiers, un tiers

 

Exposition du 13 mars au 26 mai 2018

 

Yosef Joseph Dadoune, Lost in the sea / Find / Forget, 2017

 

L’œuvre de Joseph Dadoune est profondément marquée par le questionnement et le dépassement des frontières — que ce soit celles qui séparent l’Orient de l’Occident, le pouvoir central de la périphérie, ou l’imaginaire du réel. À la confluence de la vidéo, de la photographie, de l’architecture et du dessin, sa recherche mêle à la pratique artistique l’engagement social et la réflexion métaphysique. Parmi ses œuvres marquantes, on retiendra son film Sion (2006-2007), produit par le musée du Louvre avec l’actrice Ronit Elkabetz ; Impossible Calendars (2013) exposé notamment au Musée de Tel-Aviv lors de la célébration du centenaire de Dada ; et, plus récemment, Barrière Protectrice (2017), un ensemble de dessins autobiographiques de guerre, réunis dans une publication aux Éditions Arnaud Bizalion.

 

Yosef Joseph Dadoune, Hannah Arendt Poèmes, vue d’exposition © François Fernandez

 

Poèmes Hannah Arendt
Pastel à l’huile de couleur sur papier Hänemhule 190 gr
84,1 cm x 59,4 cm
Série de 43 dessins

L’archétype d’une lettre bascule en tache ou en trait. L’utilisation de l’allemand, que je ne parle pas, me permet de me projeter ailleurs, d’être un autre. Une autre langue s’installe alors. Les amours que l’on retrouve dans les poèmes d’Hannah Arendt deviennent tantôt des fleurs, tantôt des écritures métamorphosées en blés solaires, tantôt des titres : You and Me. Me and You, les doubles flèches, renvoient aux allers et venues de printemps jaunes ou roses, à la subjectivité des amoureux allongés dans les champs de blés, aux paysages extrasolaires. Les repères géographiques et temporels sont effacés et cèdent la place à un fond blanc et « sonore », sur lequel viennent s’inscrire les traumas et les souvenirs.

 

Yosef Joseph Dadoune, Fleurs / After War. Blind Spot, 2015-2016, vue d’exposition © François Fernandez

 

Fleurs / After War. Blind Spot / Tel Aviv, 2015-2016
Suite de 36 pastels à l’huile noire sur papier

J’ai réalisé ces pastels dans mon atelier, dans le sud de Tel Aviv, le quartier des réfugiés Érythréens qui font face aux tours des « Gated Communities » aisées. Les filles et garçons morts par les caprices des Dieux dans Ovide deviennent ici des fleurs ou des arbres, rappelant les métaphores des gerbes de fleurs tressées par les Romains pour leurs morts. Fleurs / After War. Blind Spot sont ces fleurs noircies par la pollution physique et politique. Leur tiges en fer graissé, leurs « jambes » et leurs racines sont comme les socles sur lesquels on fixe les missiles anti-roquettes. Ce sont des beautés verticales ; vues de loin, elles forment un champ de fleurs noirs hybrides où le féminin et masculin jouent le jeu de la séduction.

 

Yosef Joseph Dadoune, Lost memory : Blind spot, 2017, vue d’exposition © François Fernandez

 

Fleurs / After War. Blind Spot / Tel Aviv, 2015-2016
Suite de 36 pastels à l’huile noire sur papier

J’ai réalisé ces pastels dans mon atelier, dans le sud de Tel Aviv, le quartier des réfugiés Érythréens qui font face aux tours des « Gated Communities » aisées. Les filles et garçons morts par les caprices des Dieux dans Ovide deviennent ici des fleurs ou des arbres, rappelant les métaphores des gerbes de fleurs tressées par les Romains pour leurs morts. Fleurs / After War. Blind Spot sont ces fleurs noircies par la pollution physique et politique. Leur tiges en fer graissé, leurs « jambes » et leurs racines sont comme les socles sur lesquels on fixe les missiles anti-roquettes. Ce sont des beautés verticales ; vues de loin, elles forment un champ de fleurs noirs hybrides où le féminin et masculin jouent le jeu de la séduction.

 

 

 


 

Jean-Baptiste Warluzel, Deux tiers un tiers, 2018
Installation vidéo et son, vidéo HD 40 min, son stéréo indépendant 15 min

 

Jean-Baptiste Warluzel vit et travaille à Toulon.
Il envisage la vidéo et le son comme un mode de pensée lui permettant d’interroger notamment le monde du spectacle et celui de l’exposition. Par des réagencements, des compositions et des reprises, il réalise ses images en questionnant l’action de l’interprète, du documentariste et celle de l’auteur.
Il produit régulièrement des projections vidéos pour l’opéra de Salerne en Italie, expose ses travaux dans différents lieux d’expositions (Palais de Tokyo pour les D’Days, Musée de Petach Tikva en Israel pour l’exposition Bibliogia).
Il collabore depuis trois ans avec la chorégraphe Régine Chopinot et enseigne à l’école supérieure d’art et de design Toulon Provence Méditerranée.

Eloge de l’invisible

En mai 2008 Jean-Baptiste Warluzel et un ami journaliste sont partis pour le Sichuan dans l’intention de rendre compte d’un séisme majeur qui avait eu lieu deux mois plus tôt, faisant quatre- vingt-huit mille morts dans la région montagneuse située à proximité de la capitale régionale Chengdu. Ce reportage fut un échec dans la mesure où les autorités chinoises, décidées à occulter cette catastrophe humaine en pleine préparation des Jeux Olympiques de Pékin, avaient interdit tout accès à la zone de destruction et contrôlaient avec rigueur les témoignages des populations déplacées et des survivants de cette tragédie.

Dix ans plus tard JBW a repris les images tournées sur place sous la pression de l’interdit policier pour reformuler dans le champ de l’art l’impossibilité du reportage initial. Il a choisi pour ce faire de juxtaposer les rushes de sa captation d’images dans l’ordre chronologique de leur prise de vue, sans autre forme de montage. Il a ensuite superposé à ces séquences d’images, en voix off, les indications du plan général du reportage, faisant entendre la construction logique qui aurait dû donner sa consistance documentaire au projet final. En mettant ainsi en évidence, dans sa reprise, cette désarticulation entre le programme énoncé et la succession des images qu’il nous donne à voir, l’artiste nous installe dans une situation d’étrangeté perceptive qui déréalise l’objectivité du document filmique et lui confère une autonomie poétique particulière.

Cette opération se fonde sur une déconstruction de la linéarité informative de la forme documentaire pour nous en livrer, en gravitant autour de l’écran d’invisibilité qui dissimule la réalité de la catastrophe, les échos périphériques, tour à tour mutiques ou traversés d’informations contradictoires. Le récit visuel fragmentaire qui en résulte est déterminé par le tempo chaotique imposé par la recherche des témoignages sous la contrainte omniprésente de la censure. En révélant ainsi, à partir du matériau brut accumulé dans l’action du filmage, l’impossibilité d’accéder à une quelconque réalité visuelle de cette tragédie, il la désigne aussi comme le centre inaccessible de son désir de représentation. La dynamique symbolique qu’il met alors en action excède la dénonciation de la censure politique dont il est victime en tant que documentariste pour atteindre à un questionnement plus général sur la valeur traductive de l’image par rapport au réel dont elle est censée rendre compte.

Dans ce contexte particulier où l’objet du reportage est escamoté et ne constitue donc plus le point focal de l’histoire, Jean-Baptiste Warluzel se saisit de cet empêchement pour inventer une forme nouvelle de récit déliée de toute intention démonstrative. Il fait alors miroiter les signifiants visuels de cette autonomie en une errance filmée dont l’acuité descriptive et le rythme syncopé, construits sur les marges de l’invisible, déploient l’intensité des sortilèges spéculaires de la caméra et son impuissance paradoxale à saisir l’essence du réel.

Jean-Marc Réol Février 2018

 

“No more pink ?” Ben Patterson et “Remember” Mauro Ghiglione

No more pink ?

Ben Patterson

et

Remember

Mauro Ghiglione

Du 6 janvier au 24 février 2018

Ben Patterson

(Etats-Unis 1934 – Allemagne 2016)
Il débute en 1952 des études musicales de piano et violon et intègre en 1956 plusieurs orchestres symphoniques au Canada et en Allemagne.
En 1960 il s’installe à Cologne en Allemagne, et après avoir rencontré Stockhausen, John Cage, Nam June Paik, Merce Cunningham et Wolf Vostell, il devient un des acteurs de la musique contemporaine radicale.
Artiste pionnier de l’avant-garde Fluxus, il organise en 2012, les 50 ans de Fluxus, grande rétrospective dans toute la ville de Wiesbaden en Allemagne. Depuis il a fait l’objet de nombreuses expositions en Europe, Asie, Russie et en Amérique, avec des concerts, lectures et performances.

vue d’exposition © Fr Fernandez

 

vue d’exposition © Fr Fernandez

 

vue d’exposition © Fr Fernandez

 


Le carnaval des animaux , 2011 figurines, bois, tissu, théâtre. variable

 


Since Marchel Duchamp, 2015
Assise de WC, lettrage miroir sur toile. Signé et daté.
60 x 50 cm

 

Mauro Ghiglione

Artiste engagé, il observe d’un œil critique et curieux la société dans laquelle il vit et travaille, se posant constamment le problème de son propre rôle. Le contenu de ses recherches vise à explorer les possibilités expressives de la matière et du symbole par opposition à l’éphémère artistique.«Mauro Ghiglione est aujourd’hui confirmé, au troisième millénaire, comme l’un des analystes les plus féroces et les plus conscients de l’image contemporaine».

Fly, 2017
Impression numérique sur papier Baryté, montage Diasec, châssis entoilé, bois polychrome.
45 x 45 x 60 cm
© photo F.Fernandez

 

vue d’exposition
© photo F.Fernandez

 

Custodire il gesto (1), 2017
Impression numérique marouflée sur Dibond, châssis entoilé.
45 x 45 x 13 cm
© photo F.Fernandez

 

Santa Alleanza , 2016
Composition de sept modules autonomes. Cassette bois, impression numérique sur papier Baryté marouflé sur aluminium, écriture sur Forex.
vue d’exposition © photo F.Fernandez

Exposition en collaboration avec

 

“Hexagone” Nicolas Daubanes et “Urgens” Jeanne Berbinau Aubry

Nicolas Daubanes

Hexagone

 

Jeanne Berbinau Aubry

Urgens

 

Exposition du 14 octobre au 23 décembre 2017

 

Nicolas Daubanes

J’investis des questions essentielles : la vie, la mort, la condition humaine et les formes sociales qui les façonnent. Dans mes derniers travaux, la vitesse, la fragilité, la porosité, l’aspect fantomal des images et des matières, transmettent la pression du passé au croisement de ce qui va advenir. Mon travail s’inscrit dans la durée, il dessine un chemin, une trajectoire qui tend vers la recherche de la liberté, du dégagement de la contrainte. Je tâche d’expérimenter l’intensité et la rigueur, je joue avec le danger, mental, visuel, physique, pour renforcer l’énergie créatrice et en transmettre la force.

Je suis conduit par mon histoire, mes propres questions existentielles et par le choix d’une adéquation permanente et subtile entre forme et contenu. Par exemple : le silicone, celui-là même qui habituellement est utilisé pour restaurer les bâtiments patrimoniaux, transposé, permet de créer un nouvel espace qui induit visuellement la disparition du mur d’origine et suggère une possible échappatoire (Série des Membranes). De cette façon, mue et peau s’introduisent dans mon propos. La limaille de fer, utilisée dans les dessins, renvoie aux barreaux des prisons, mais aussi aux limes qui permettent l’évasion. Cette matière fine et dangereuse pour l’œil se dépose par aimantation tandis que le moindre souffle peut faire disparaitre le dessin. Ce qui apparaît est fragile, il faut en prendre soin et savoir que tout est éphémère. Le béton chargé de sucre, inspiré du geste vain des résistants pendant la seconde guerre mondiale, corrobore le caractère fugitif, temporaire des objets produits dans mon travail. Il s’agit de voir avant la chute, avant la ruine, l’élan vital.

 

 

Nicolas DAUBANES
Hexagone
Vue exposition Galerie Eva Vautier 2017

 

Nicolas DAUBANES
Hexagone
Vue exposition Galerie Eva Vautier 2017


Nicolas DAUBANES
Hexagone
Vue exposition Galerie Eva Vautier 2017

 

Nicolas DAUBANES
Hexagone
Vue exposition Galerie Eva Vautier 2017

 

 

Jeanne Berbinau Aubry

Urgens ; participe présent dérivé du latin « urgeo » : Presser, pousser en avant, faire avancer, attaquer vivement, s’attacher à, exciter, poursuivre, resserrer, charger, accabler, tourmenter, comprimer, soutenir, persister.

Les productions de Jeanne Berbinau Aubry questionnent les phénomènes naturels et mécaniques. Dans son travail de sculpture et d’installation, elle détourne des objets en transposant leur état initial en des alternatives parfois paradoxales.Les processus de fictionnalisation de ses œuvres sont de longues étapes de macérations d’une idée, d’un savoir ou d’une technique, qui relèvent d’une appréhension multi-dimentionnelle de la réalité.

Benjamin Laugier, extrait

 

 

 

Jeanne Berbinau Aubry
67 jours, 2017
résidus de mur du pavillon E, or fin 22 carats en poudre, colle vinylique
21,5 x 84 cm

 

Chimère, 2017
tubes fluorescents, transformateurs, starters, câble

 

Photographies de l’exposition © François Fernandez

“Autoportrait des autres en noir” Sandra Lecoq

Gio et le coq , 2017

Sandra D.Lecoq

Autoportrait des autres en noir

Exposition du 10 juin au 23 septembre 2017

 

SL072, 2015 acrylique et huile sur bois, 71 x 53 cm

Portraits of a Lady 

Opening night rue Vernier. Ayant poussé les portes grandes ouvertes de la galerie Eva Vautier vous tombez nez à nuque sur une photographie grand format de Sandra Lecoq, de dos. Dans cette photo, Sandra Lecoq, transfigurant son quotidien, s’est mise en scène, en faisant de ses chiffons d’atelier une immense robe nuptiale rapiécée et souillée : la mariée était en crade. Elle y est une sorte de grande perche, cariatide en pleine crise de croissance, Alice au pays des emmerdes envahissant l’espace de bas en haut. Si vous souleviez son jupon, vous la verriez, petite maline, juchée au sommet d’une pile de modules de peinture empruntés à une photo de 2016 : Haut les cœurs et bas de plafond dont Peau d’âme est une sorte de double inversé. Sur la photo de 2016 qui a servi à l’exposition collective chef-orchestrée par Karim Ghelloussi, Le monde ou rien, elle figurait en tablier, disparaissant sous une pyramide de briques multicolores et équilibristes. La fille en bleu de travail, c’est elle, la poupée de foire à crinoline, c’est encore elle. Ouvrière ou reine, écrasée ou dominant la situation, voici plus de vingt ans que Sandra Lecoq est mariée à son art salissant (robe = chiffon, tableau = palette). Dans les deux photos, la salle de bal est l’humble rectangle carrelé de son atelier – son luxe, dit-elle –, un module en abyme dans un bâtiment où l’on abat de la besogne, une case comme une salle de classe où chaque jour on désapprend. Ce n’est pas l’espace qui est trop bas de plafond mais la tâche qui est immense, ce n’est pas contre les murs qu’elle se cogne mais contre autre chose. Si le temps d’un cliché ou deux, Sandra Lecoq entrouvre sa fabrique, ce n’est pas pour livrer ses secrets ni pour témoigner – son travail n’a aucune visée documentaire – mais davantage pour afficher le lien qui l’unit à un groupe d’artistes, voisins d’atelier, amis, compagnons de route, une petite communauté d’esprit de mousquetaires-artistes. Florent Mattei prend la photo pour Sandra Lecoq, Karim Ghelloussi l’expose et ainsi de suite, une pour tous, tous pour une. Cette économie participative et complice a notamment donné naissance à cette photographie, Peau d’âme et avanti jaddu ! (le coq en sicilien…) qui ouvre la nouvelle mostra de Sandra Lecoq en faisant du peintre le modèle.

Un renversement qui est sans doute une clé pour appréhender ce qui suit. Car nous qui entrons, abandonnons toute certitude. Prenons-nous par la main et passons de l’autre côté. Une forêt de portraits, une galerie des glaces, c’est ce que nous allons traverser : trente visages graves qui forment une étrange parentèle. Vous disposeriez tout autour des lambris, un plafond à caissons, du papier damassé, une rampe en chêne vous n’en seriez pas moins dans la cage d’escalier grinçante d’une maison de maître où les gueules d’enterrement dans leurs cadres dorés le disputent aux trophées de chasse. Comment se sont-ils retrouvés ici ? Accrochons-nous à la rampe et avanti jaddu !

L’effet de surprise pour ne pas dire de sidération est multiple. On assiste à une rétrospective de travaux jamais montrés. Seuls ceux qui fréquentent à Nice le quartier du port et ses bouges ont pu en voir quelques-uns sous couvert d’anonymat dans le cadre d’une avant-première qui n’a jamais eu lieu. Quand on demandait au gardien occasionnel de ce musée éphémère : « Mais de qui sont ces toiles ? », le préposé ôtait sa casquette et vendait la mèche : « Sandra Lecoq ». Je vous prie de croire qu’on pouvait lire l’étonnement et l’admiration sur le visage des curieux. Car il faut se souvenir que l’histoire de Sandra Lecoq avec la peinture est celle d’un rendez-vous différé, devenu quasi impossible à force de retard. Que disait l’intéressée ? « Mère Peinture implorée si longtemps m’avait déçue, trop intransigeante, trop dure. » Que disait la gazette ? « Chez elle la couleur se tresse, se coud, se confectionne. Au pinceau se substitue l’aiguille, les bouts de tissus font de bons aplats. » Ou encore : « Sandra D. Lecoq appartient à une génération d’artistes qui relève le défi de la peinture du côté de l’objet. S’il n’emploie pas les outils, les supports et les médiums traditionnels de la peinture, son travail procède bien simultanément du dessin et de la couleur. »

Il serait faux de dire que Sandra D. Lecoq n’a jamais peint, il suffit de se reporter à la série H de guerre (2007), toiles mêlant écriture (gros mots) et variation sur les gestes picturaux où l’insulte signifiait aussi le combat qu’elle livrait avec la peinture. A l’époque, personne n’aurait imaginé qu’elle franchirait le pas, peindrait sur toile ou sur bois, à l’acrylique et à l’huile, des portraits qui seraient ensuite poncés, cirés, patinés et finalement exposés. Pour autant voici vingt ans que l’idée de la peinture est là. Son portrait-hommage de Gérard Gasiorowki (1930-1986) pourrait être une forme d’aveu. Elle perçoit dans la manière iconoclaste et hétéroclite du peintre ayant fait l’oblation de lui-même à son art, un jusqu’auboutisme dont elle veut se réclamer et qui lui permet aujourd’hui de franchir ce pas.

Dans cette vie qui n’est pas toujours un cadeau, il a fallu un geste qui en soit un. Comme un signal de départ. A un être chéri, fasciné par ces tableaux d’ancêtres où l’encadrement vaut souvent davantage que l’œuvre, elle a voulu un jour offrir un portrait, un beau portrait des familles. Faute de moyens, elle s’y est mise, comme une grande. Amour est un bon guide et, en art, l’intuition peut tenir lieu de technique. Ce jour-là, dans le secret de l’atelier, elle a trouvé l’élan, bientôt suivi du geste de peinture. Oui, elle s’est lancée, puis elle a multiplié les tentatives.

A l’exception de deux ou trois portraits nés de son imagination, dont ce type, prétendument inspiré de Florent Mattei, avenant comme un paysan amish façon Grant Wood, Sandra Lecoq peint ses portraits d’après photos, photos de proches ou piquées dans des livres et sur le Net. Une photo, c’est-à-dire un petit morceau d’abstraction qu’elle va révéler. Et c’est ainsi qu’elle s’est jetée à corps perdu dans l’aventure du portrait, à l’instinct, avec sa manière qui pour ne pas être conceptuelle n’est pas non plus tout à fait non-conceptuelle. Pour faire ses portraits, elle n’a pas voulu apprendre la technique du portrait comme elle n’a pas voulu étudier l’histoire du Fayoum à nos jours pour tirer à son avantage un propos intelligent sur l’art du portrait. De toute façon, elle fait tout ce qu’il ne faut pas faire, c’est dans sa nature. Elle dit qu’elle fait et réfléchit après. Que voulez-vous, certains lisent entièrement le mode d’emploi et d’autres préfèrent appuyer sur tous les boutons. Ça ne marche pas toujours mais quand ça marche, quelle fulgurance, quelle fête. Revers de la médaille : la victoire de l’intuition oblige à chaque fois à repartir presque de zéro, à réessayer toujours, soleil qui s’élève le jour pour plonger le soir sous l’horizon, tel est Sisyphe.

L’aventure a commencé il y a mettons deux ans et elle n’est pas finie, nous n’en sommes qu’à la première saison d’une nouvelle série. Elle a intérêt à vous plaire car vous pourriez en prendre pour un bon moment. L’œuvre de Sandra Lecoq ne connaît pas à proprement parler de ruptures, pas d’époques, de périodes rose, bleue, marronnasse, si elle interrompt ses travaux, elle ne coupe jamais complètement le fil et reprend son ouvrage où elle l’avait laissé, sans éclats ni effets d’annonce, sans tralala, elle n’a pas le temps, c’est une bosseuse. Elle se dit sauvage mais elle peut être mondaine, comme vous et moi, elle aime se taire autant que beaucoup parler. Elle est de toute façon trop modeste ou trop immodeste pour se reconnaître une qualité quelconque. Si on se permet ici de parler d’elle, ce n’est pas pour esquisser son portrait mais pour rappeler qu’on n’est pas à une contradiction près et que la contradiction en soi peut être un sujet : les autres.

 

Une famille en noir est un jeu visuel, la télé-réalité de l’artiste, au sens d’une œuvre de télépathie et de sympathie revenant à dire qu’on est la somme des autres. (Qui en doutait ?) Dans cet Autoportrait des autres – clin d’œil à Gertrude Stein où Lecoq-Toklas s’efface et se démultiplie pour mieux partager sa chambre d’échos –  on est libre d’admirer sans entrave, de rendre hommage, célébrer, libre d’aimer sa famille ou de s’en choisir une autre, d’appartenir à un tout, de s’y fondre ou de lui dire merde. Le cerveau est une malle pleine de gens. Les autres sont dans la tête de l’auteur et les visages peints un jeu de reflets de la conscience. Résultat : une trentaine de tableaux presque tous nimbés de noir, une enfilade de portraits saturniens qui barrent d’une ligne sombre des parois que la blancheur défend. Trente médaillons qui, sur leur quant-à-soi, se toisent, roulent des yeux et dans leur nuit se parlent.

Trente glorieux et glorieuses, il faudrait toutes et tous les nommer, on ne va pas le faire, ils ne sont désignés ici que par leur matricule. Après tout, de quoi est-on le nom ? Lecoq, Elle le sait au 

cul (2007), ça vous parle ? Parmi eux, certains sont nés au xixe siècle, tel le père de la psychanalyse (SF 0056) ou encore l’auteur de La Traversée des apparences (VW 0082), le plus jeune a 17 ans, c’est le fils de l’artiste (LD 099). Or sur chacun de ces portraits poudroie la lumière d’un temps incertain. C’est un portrait de groupe disloqué : autour de la table, les époques, les âges, les sexes, les races se sont fixé rendez-vous par la seule volonté du peintre. Ne pensez-vous pas que les hommes en noir d’un Fantin-Latour ont davantage à se dire séparément qu’ensemble ? (D’ailleurs voit-on jamais ses tableaux en entier ?) Les portraits sont des miroirs qui approfondissent la perspective aussi bien spatiale que temporelle. Leur juxtaposition en nombre fait qu’on échappe à linéarité du temps, c’est davantage une somme accidentelle d’univers, de territoires et de destins. On passe ainsi des vivants aux morts, de l’imaginaire au réel. Ces portraits réalistes, reprenant même pour certains des représentations iconiques et galvaudées (Lacan, Kahlo, Cassavetes, Woolf, Pasolini), sont, par la force des choses, une entorse au réel, le peintre peint ce qu’il voit. Cela vient aussi de ce que les miroirs, appelons-les portraits, de Sandra Lecoq sont des instruments de désir – Eh oui ! l’éternel combat (perdu d’avance) entre Eros et Thanatos. Il en ressort une érotique en habit très particulière, surtout pour celle qui, par ailleurs, n’a jamais craint de montrer son truc très doux (2008), des Penis Carpets (des années de pratique !), l’interpénétration mouvementée de Phallus et Vanité (2008) ou tout le folklore du Vit en rose (2007) qui valut à la coupable d’être censurée.

Le miroir des autres est l’occasion d’un retour sur soi, d’une introspection, d’une prise de conscience. Une conscience politique aussi bien. Il y a Simone Weil (SV 027) : l’avortement. Cédric Herrou (CH 079) : le paysan de la Roya, passeur et symbole de l’aide aux migrants. Leoluca Orlando (LO 047) : le maître de Palerme ouvrant sa porte aux réfugiés dans une Europe fermée. Il y a Pasolini (PPP 022). L’Orestie africaine de Sandra Lecoq se situe au Cameroun où elle est née en 1972 et emprunte les traits tragiques de Ruben Um Nyobe (RUN 013), assassiné en 1958 (45 ans) par l’armée française, et Félix-Roland Moumié (FRM 025), assassiné en 1960 (35 ans) par les services secrets français, deux figures de la lutte pour l’indépendance. Ces leaders salement éliminés, elle ne les a pas plus connus que la jeune morte Eva Hesse (EH 036) ou la quasi centenaire Louise Bourgeois (LB 011) mais ils sont aussi son histoire.

Haut les coeurs et bas de plafond , 2016 tirage lambda sur RC satiné encadré

Ce portrait de groupe ou ce groupe en portraits, c’est enfin l’occasion, dix ans après, de décliner une expérience qui avait frappé les esprits à Nice, l’exposition du Dojo : Délicieux cadavres exquis ou l’histoire d’une sainte famille recomposée. Un événement salué en ces termes par Jean-Marc Réol :

« Nulle trace ici d’un exposé thématique sur une question de l’actualité de l’art, nulle interrogation socio-historique sur le rôle politique des artistes, mais plutôt l’expression, tour à tour enjouée et enthousiaste, d’un désir d’exposer le lien qui unit un groupe d’artiste, sur un mode essentiellement affectif et ludique. A cette « sainte famille » appartenaient Noël Dolla, Roland Flexner, Philippe Mayaux, Pascal Pinaud, Philippe Ramette, Olivier Bartoletti, Karim Ghelloussi. ND 045, RF 044, PM 061, PP 064, PR 061, OB 073, KG 077 : on les retrouve tous ici en peinture dans cette conversation piece. La commissaire de l’exposition de 2006 a trouvé en 2017 l’art et la manière de réunir à nouveau son petit monde.

Soir de juin, après un verre du jaja de Ben, la température monte d’un cran. Ces cartons d’invitation 15 x 21 sont des éventails bien pratiques : au recto, une photo de l’artiste de dos, le dos de l’artiste s’est fait toile et châssis, son plus jeune fils lui dessine à même la peau une poulette, à moins que ce ne soit un coq, tandis que le fils aîné prend la photo. Le tout est un autoportrait de l’auteur réalisé en famille. Le noir s’est changé en or.

FM 067