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La vie est un film

Exposition

La vie est un film

Ben et ses invités au 109

Vernissage Vendredi 14 juin 2019 à 18h 33

Exposition du 15 juin au 19 octobre 2019

Week-end évènement Eclairage Public

du vendredi au dimanche 16 juin

 

 

 

 

Le 109

89 route de Turin 06300 Nice

Mail le109@nice.fr
Site Internet le109.nice.fr

Facebook le109nice
Contact expo 07 66 38 02 02

Horaires d’ouverture

Du mardi au samedi de 13h à 19h

Tarifs Entrée libre

Accès au 109

Bus : Lignes 4, 6, 16 et 89
Tramway : Arrêt Vauban puis correspondance bus 6 arrêt Abattoirs ou 10mn à pied Train : Gare de Riquier et gare de Pont Michel
Vélo Bleu : Station route de Turin et station boulevard Vérany

Parking gratuit sur place à partir du 18 juin

 

Communiqué de presse

Pour célébrer le centenaire des studios de la Victorine, la ville de Nice programme Nice 2019, L’odys-sée du cinéma, une année entière d’expositions et d’événements visant à valoriser l’histoire du cinéma et la production cinématographique actuelle à Nice. Le 109, sur le site des anciens abattoirs, route de Turin, est un lieu aux dimensions hors normes converti par la municipalité en pôle de création contemporaine.
Au sein de ce vivier artistique, la Ville de Nice et le collectif d’artistes La Station, avec le soutien d’Éva Vau- tier, invitent Ben Vautier pour une grande exposition d’été titrée : La vie est un film. Plus de 500 œuvres de Ben, retraçant 50 ans de création, seront installées dans la grande halle de plus de 2000 mètres carrés, qu’il a choisi de partager avec des invités, artistes, amis de longue date ou jeunes créateurs. Cet espace en per-pétuel mouvement accueillera production filmée, événements, performances et débats, si chers à l’artiste.

Figure artistique majeure de la seconde moitié du XXe siècle, Ben est connu pour ses actions et sespeintures. Sa production, à la fois réflexion philosophique et impertinente sur l’art, intègre notre quotidiendans ce qu’il a de plus particulier. L’éthnisme, l’ego ou la vérité constituent également des questionnements chers à son œuvre.
L’histoire de Ben et son art sont profondément ancrés dans le territoire niçois. Il a quatorze ans quand ils’installe à Nice avec sa mère. Dix ans plus tard, à la fin des années 50, il ouvre une boutique de disquesd’occasion, 32 rue Tonduti de L’Escarène. Rapidement, il en transforme la façade en accumulant quantité d’objets. Le Magasin de Ben est né. Ce lieu de rencontres et d’expositions devient le rendez-vous des prin- cipaux artistes de l’École de Nice : Ben est convaincu que « l’art doit être nouveau et apporter un choc ».Dès 1959, il réalise de nombreuses performances, dont « Je signe la vie » ou « Regardez-moi cela suffit »sur la Promenade des Anglais. En 1963, il invite George Macunias à Nice pour le premier Festival Mondial Fluxus et Art Total en France. Acteur historique de ce mouvement, à cette occasion, Ben signe Nice « œuvre d’art ouverte » sur le Mont Alban.
Lorsque le Magasin de Ben intègre la Collection Permanente du Centre Georges-Pompidou en 1975, il transfère ses activités chez lui, sur la colline de Saint-Pancrace. Ben poursuit l’organisation d’expositions avec notamment Supports/Surfaces, la Figuration Libre et lance les premiers débats Pour ou contre.
Très impliqué dans la scène contemporaine, Ben soutient depuis toujours de jeunes artistes, encourage lesrencontres, et donne son point de vue sur l’actualité, au départpar des tracts, des affiches et journaux, au- jourd’hui par des newsletters riches et régulières.

L’événement Nice 2019 : L’odyssée du cinéma, résonne aussi comme un appel à l’importante pro-duction iconographique de Ben. Caméra au poing depuis 60 ans, il a constitué un fonds filmique considé- rable, suivant l’évolution des techniques, leurs supports et leurs usages. Aux terrasses de cafés ou lors d’évé-nements artistiques, il capte des moments, interpelle de nombreux anonymes et artistes qu’il convoque surl’instant.
Plusieurs événements seront organisés pendant la durée de l’exposition avec des projections de cinéma en plein air, des performances, des ateliers et des concerts. Moment phare de cette exposition, la soirée du ver- nissage sera également le lancement de la saison 3 d’Éclairage Public, un week-end jalonné de rendez-vous créatifs et conviviaux réunissant toutes les pratiques des acteurs artistiques et culturels implantés au 109. Les concerts qui feront suite au vernissage, le vendredi 14 juin, rassembleront des artistes d’expressions niçoiseet occitane, Nux Vomica et Mossu T & Papet J (Massilia Sound System), témoins vivants et festifs des cultures régionales, autre sujet fondamental dans la réflexion de Ben. Placé au centre d’une rétrospective ambitieuseet panoramique sur la création à Nice, c’est un Ben libre comme il l’a toujours été, et foisonnant d’idées qui fera son cinéma total.

 

 

 

 

Je signe Nice, 1963, Mont Alban © Ben Vautier

Exposition

 

Ben – Parcours historique

L’exposition s’ouvre par une partie historique présentant une sélection d’œuvres clés de Ben des années 1958 à 1978. Ces témoignages retracent la quête d’un langage formel personnel qui mène aux premièresécritures. Au départ simples signalétiques, les affiches produites dans son magasin lancent des appels auxréunions, rencontres et échanges. Épine dorsale de la communauté artistique à Nice, le Magasin de Ben devient la source d’expérimentation, de gestes et d’actions, au même titre que la Promenade des Anglais, la rue et les bistrots. Il entame ainsi des actions de rue, dans la lignée du mouvement Fluxus, qu’il importe en France et dont il devient l’un des grands protagonistes.

À la fin des années 50, Ben signe tout, s’appropriant ainsi, par ses images et ses actions, le monde comme un tout. Pour illustrer ces années, des documents de l’époque sont présentés : affiches, archivesphotographiques et vidéos.

Recherche des formes / bananes et premières écritures (1955-1967)

Lorsque Ben débute sa carrière artistique, au milieu des années 1950, il se frotte à toutes les théories et pratiques dans le but premier de trouver un langage formel personnel, d’inventer quelque chose d’inédit, au-delà du répertoire existant. Dès 1955, il retient la forme, à la fois abstraite et phallique, de la banane, qu’il déclare aussitôt comme sa création personnelle et réalise toute une série de dessins, sur différents supports, à l’encre de Chine sur papier.

À partir de 1958, Ben découvre le potentiel des écritures. Au départ dans son magasin de disques d’occasion, celles-ci sont à la fois des informations destinées aux visiteurs et des écrits publicitaires, comme « Le Bon Lait », ou même des marques, telles que Coca-Cola. Les panneaux d’information sont alors faits de bois et écrits à la peinture à l’huile. Plus tard, il développe sa propre technique, en écrivant directement sur latoile, avec une pipette remplie de peinture acrylique, traçant une nouvelle calligraphie distinctive. Le signifié prend le dessus sur le signifiant.

 

Laboratoire 32 Magasin de Ben, 1959-1973, Nice © Ben Vautier

Le Magasin (1958-1973)

Le Magasin, œuvre de Ben conservée actuellement au Centre Georges-Pompidou, reflète la vitalité dece magasin de disques qui faisait aussi fonction de point de rencontre pour la scène artistique niçoise, degalerie, de lieu d’exposition et de manifestation pour tous types de performances.

Dans les années 1950, le magasin de Ben est non seulement l’espace artistique le plus vivant de la ville mais aussi la galerie offrant l’éventail le plus large d’expressions artistiques. La programmation de Ben est ouverte aux nouveautés et expérimentions, ancrée sur un réseau régional d’artistes. Le magasin de Ben est l’un des lieux porteur de l’Ecole de Nice et à partir de 1963, le point de départ de nombreuses actions Fluxus, dont il devient le quartier général.

À cette époque déjà, Ben s’intéresse à la théorie de l’ethnisme de François Fontan dont il sera l’un des disciples les plus fervents. C’est encore une fois au Magasin que se retrouve le mouvement engagé notamment en faveur des minorités linguistiques et culturelles – une question qui, pour Ben, n’a en rien perdu de son actualité.

Fluxus

En 1962 à Londres, pendant le Festival of Misfits, Ben rencontre Georges Maciunas, fondateur et personnage central de Fluxus. Plus qu’un mouvement, Fluxus est un état d’esprit, un espace de partage, d’amitié, dans lequel vont se reconnaître des dizaines d’artistes de toutes nationalités. Ils proposent un art total expérimental qui réunit de multiples langages artistiques par leur volonté d’abolir le fossé entre l’art et la vie.

Invité au Festival par Daniel Spoerri, Ben s’expose comme sculpture vivante pendant 15 jours et nuits dans la vitrine de laGallery One. L’année suivante, dans le prolongement de cettecollaboration, Ben organise à Nice la dernière étape d’une tournée européenne, un Festival Mondial Fluxus et Art Total. Il fonde par la suite un groupe niçois, le Théâtre d’Art Total, déclarant que le théâtre n’est pas sur scène, mais dans la rue, dans la vie.

Les actions de ce groupe se déroulent sur la Promenade des Anglais et un concert est organisé dans le salon de l’Hôtel Scribe. Au Théâtre de l’Artistique, Ben, Maciunas, Erébo et Serge III jouent des pièces Fluxus, dont Paper Piece de Ben Patterson etDuo for Violin de La Monte Young.

Pour Ben, « tout est art » et il continue de faire vivre l’esprit Fluxus au travers de ses œuvres.

 

Gestes et actions de rue (1958-1972)

Regarder le ciel (1963), Me marier (1964), Couper la moitié de ma barbe (1966), Cirer les chaussures des autres (1971), Marcher (1969) ou encore Faire des grimaces (1962) : ces gestes et actions, et tant d’autresencore, que Ben a effectués le plus souvent en public, à une seule ou plusieurs reprises, sont pour lui des œuvres d’art à part entière. Avec ses Gestes, Ben amène l’art dans la rue.

En 1973, plus de soixante de ces actions ont été représentées et matérialisées dans une série de tableauxdescriptifs, tels des fiches techniques d’archives. Représentation de ces gestes, en mots et en images, ilsrépertorient a posteriori les actions dans un ensemble cohérent daté de 1958 à 1972.
Le sens des Gestes se résume en un seul : Regardez-moi cela suffit (1963-1965), comme on peut lire sur lapancarte avec laquelle Ben s’est exposé sur la Promenade des Anglais à Nice.

 

Regardez moi cela suffit, 1962 Promenade des Anglais Nice © Ben Vautier

 

Ben – Parcours contemporain

Au travers d’une succession de thématiques, de ses Petites idées jusqu’aux Nouvelles écritures, en passant par les Miroirs, la Photographie, le Temps ou la Mort, Ben propose une lecture contemporaine de son œuvre. Il poursuit son introspection dans un parcours à travers lequel le visiteur est invité à son tour à s’interroger sur sa condition, son temps, sa société. Chaque nouveau mot, chaque nouveau geste participe d’une quête de sens et de vérité.

La signature (1958 – 2019)

«Il n’y a pas d’art sans signature. On ne peut rentrer dans l’histoire de l’art sans signature et sans date. Lesœuvres dites collectives n’existent pas. Il y a toujours un détective pour chercher à savoir qui l’a faite etquand. Même pour les grottes de Lascaux on commence à traquer la personnalité de l’artiste et on cherche sa signature. Je me suis dit alors que si l’art n’était qu’une question de signature pourquoi ne pas faire un tableau avec juste ma signature ; exposé à partir de 1958, un peu partout.»

Les cageots (1960 – 2015)

«Il y a le grand art, qui est dans les musées et puis dans la rue, il y a le marché aux légumes. Et dans le marché aux légumes, il y a la vie de tous les jours et au musée, il y a l’artiste qui dit : “J’aimerais exposer lavie de tous les jours”. Alors j’ai écrit sur des cageots des phrases entendues au marché.
J’aime aussi le cageot parce que c’est un support gratuit que l’on trouve jeté par centaines au marché. C’est mon petit côté radin.»

Le temps (1961 – 2019)

«Certains pensent que l’argent est très important. D’autres que c’est la santé. Moi je pense comme John Cage l’a dit une fois : l’important c’est l’emploi du temps. Un milliardaire, le dictateur, le clochard emploient chacun le temps différemment, mais n’ont que 24 heures dans une journée. Et c’est l’usage qu’ils font de ces 24 heures qui est important. Le temps est un thème que j’ai commencé à travailler à partir de 1976, bien que j’aie signé le temps en 1960.»

Le collectionneur pauvre (1989 – 2015)

«J’ai insisté pour que cet espace existe parce que quand je vais chez l’Abbé Pierre et que je vois un tableau qui ressemble à du Gauguin, à du Picasso, à n’importe quel autre artiste, je le prends parce que ça colle à monhistoire de l’art parce que dans l’histoire de l’art, c’est le style qui compte et le style c’est la répétition.»

Portraits

«Je vois toujours deux têtes partout. Vous me montrez une casserole j’y vois une tête, deux chaussures parterre, je vois une tête, c’est même devenu un problème pour moi de ne pas les voir. Je me rappelle que mamère disait : “Le petit fait des portraits très ressemblants”. C’est pas vrai. Néanmoins, aujourd’hui je me senslibre de faire des têtes. Le jour du vernissage je réaliserai mon autoportrait à 19h30.»

vue d’exposition photo Benoit Barbagli

 

Section cinéma

Caméra au poing Ben a constitué un fonds filmique considérable sur une période de soixante ans dans lequel apparaissent anonymes et artistes, dans des situations courantes telles qu’à la terrasse d’un café, lorsde vernissages ou de happenings.
Sont présentés ses premiers films archivant dès les années 60 ses actions de rue, ses films conceptuels etégalement ses dernières créations.

Le premier film : CANNES VILLE 1963

Pendant le Festival de Cannes en 1963, Ben pose desaffiches sur les murs de la ville :
Ben créateur de l’art total présente et signe, dans lecadre du Festival son film extraordinaire CANNESVILLE 1963.

Pour faire ce film, proposé à Georges Maciunas, Ben devait louer une salle de cinéma ; annoncer un filmd’avant garde ; il aurait installé ses caméras, trois si possible, cachées dernière l’écran ou sur les côtés, dansles rideaux. Ces caméras auraient filmé la salle vide, puis le public entrant s’assoir, le public s’impatientant de ne pas voir le film commencer, le public, furieux ou pas, demandant de se faire rembourser, quittant la salle peu à peu ; la dernière image du film et la première étant la salle vide.

LE NON FILM (2003)

Ce film expérimental traite de la recherche de la vérité, de la vie, de l’égo et en général de ce qu’est faireun film vrai. Il révèle le fonctionnement de sa réflexion dans la réalisation de son œuvre, l’ambiance et laprésence de son entourage en une succession de séquences drôles, sensibles, provocatrices et intimes.

 

Artistes invités

Comme il a toujours tenu à le faire, Ben invite des artistes, historiques ou émergents, reconnus localement ou internationalement, connaissances récentes ou amis de longue date, rencontrés au gré de ses activités. Il leur propose un espace dans la halle pour présenter leurs œuvres, projections, performances ou poésies.

Marcel Alocco, Christian Balmier, Benoît Barbagli, Tom Barbagli, Marcel Bataillard, Charles Sebban dit Bébert, Emmanuel Benichou, Sylvie Boulloud, Frederik Brandi, Anna Byskov, Vincent Calassi, Martin Caminiti, Max Cartier, Catherine Cattaneo, Baptiste César, Marc Chevalier, Robert Combas, Verana Costa, Sandra D.Lecoq, Noël Dolla, Louis Dollé, Jean Dupuy, Kristof Everart,Jacqueline Gainon,Jean-Baptiste Ganne,Olivier Garcin, Jo Guichou,Laurie Jacquetty, Lyonel Kouro, Krajewicz et Rowlands Arnaud, Labelle-Rojoux, Thierry Lagalla, Patrick Lanneau, Natacha Lesueur, Jean Mas, Florent Mattei, Maurice Maubert, Patrick Moya, Henri OlivierYoko Ono, Gérald Panighi, Jean-Luc Parant, Louis Pastorelli, Pascal Pinaud, Michel Rabanelly dit Raba, Caroline Rivalan, Franck Saïssi, Alain Snyers, Stéphane Steiner, William Sweetlove, Monique Thibaudin, Agnès Vitani, Anne-Laure Wuillai, Junko Yamasaki
Sont également exposées des pièces de sa collection, commencée en 1958, dévoilant ainsi l’aspect collaboratif et collectionneur de Ben, parfois mécène.

 

AntakiArman, Hélios Azoulay, Michel Batlle, Ruy Blas, Robert Bozzi, BP, Jean-Pierre Bruno, John Cage, Denis Castagnou, Denis Castellas, Jacques Charlier, Giuseppe Chiari, Albert Chubac, Philip Corner,Béatrice Cussol, Daniel Daligand, Raymond Denis, Charles Dreyfus, Marcel Duchamp, Joël Ducorroy, Robert Erébo, Robert Filliou, Gregory Forstner, Joëlle Gainon, Alexandra Guillot, François Guinochet, Jacques Halbert, Max Horde,  Isidore Isou, Pascal Josse,  Konny, Maurice Lemaître,  Jacques Lizène, Serge Maccaferri, Jonier Marin,  MissTic,  Olivier Mosset, Bernard Pagès, Francois Paris, Philippe Parreno, Bruno Pélassy, Présence Panchounette, Philippe Perrin, Jacques Pineau, Nicolas Privé, Maxime Puglisi, Jonhson Ray, Robert Roux,  Serge III, Bernard Taride, Cédric Teisseire, Bernard Venet, Jean-Luc Verna, Ultra Violet ….

Ben a toujours favorisé les rencontres, les confrontations, les débats et la création. À partir de 1965, dans la mezzanine de son magasin, la galerie Ben doute de tout, il expose tous les artistes qui l’intéressent : Boltanski, Sarkis, La Monte Young, Alocco, Venet … En 1972, il ouvre La fenêtre, où il présente l’avant- garde niçoise. En 1975, il organise chez lui à Saint-Pancrace les Pour ou contre, au cours desquels il anime des débats et expose notamment Supports/Surfaces, Figuration Libre, Fluxus, Arman, Daniel Spoerri, Gilli et Serge III. En 1999, il ouvre consécutivement à Nice le Centre du Monde, rue du Lycée, suivi en 2011 parl’Espace à débattre, rue Vernier, et en 2017 Le César, dans le Vieux-Nice.

Il est aussi à l’origine de grandes expositions collectives. En 1977, À propos de Nice représente l’ensemble de la nouvelle création artistique niçoise pour l’ouverture du Centre Georges-Pompidou à Paris. En 1983, il organise une exposition de la jeune création du sud sur les quais de l’ancienne Gare des Chemins de fer de Provence, Un artiste peut en cacher un autre. En 2003, Fluxus Nice rassemble le mouvement Fluxus international et français dans différents lieux avec du théâtre, des expositions, performances, conférences et concerts. Il récidive en 2006 avec Le tas d’esprits à Paris, rue de Seine. En 2016, c’est le Palais idéal du Facteur Cheval à Hauterives qui reçoit ses invités.

“Le Tas d’esprits “, 2006 Paris

 

 

 

Section débats

En 1958, un jour, sur la Promenade des Anglais à Nice, Ben rencontre François Fontan. Aimant tous deux la discussion et les débats, ils se retrouvent tous les soirs pour discuter vie, sexe, peuples, politique internationale, cultures, langues, ethnies. Tous sont bienvenus pour participer aux discussions. On parle desidées de Wilhelm Reich, de Marx, de Freud, etc. La position de François Fontan : l’avenir politique du monden’est pas dans l’uniformité mais dans la diversité.

En 1974, s’animent à l’occasion des Pour ou contre les premiers débats à Saint-Pancrace, sur la pelousechez Malabar et Cunégonde. Il y a un micro, une grande table, un buffet et on discute jusqu’à tard dans lanuit. Certains viennent pour la prise de parole, d’autres pour les merguez. Parmi ces Pour ou contre, on sesouvient du Tas d’Arman, de la discussion avec Combas et Di Rosa, de l’exposition d’Olivier Mosset et son arrivée bruyante avec 80 motards de la Bastille et des prises de bec entre Martine Doytier et Noël Dolla.Cultivant cette tradition, Ben aménage dans la grande Halle du 109, un espace avec plusieurs canapés, des tapis au sol, une table pour poser des verres, un grand tableau blanc avec des feutres, un micro, de la musique, des livres et quand il sera là, il lancera un débat et invitera le public à participer.

Section performances

 


Le Ring, 2012Exposition Ben signe NiceCentre d’Art de la Villa Arson, Nice

À l’occasion de cette exposition, Ben installe un ring de boxe, comme il l’avait fait en 1972 lors de sonexposition à la Documenta 5 à Kassel en Allemagne. C’est sur ce ring que Joseph Beuys, dans le cadre d’uneAction d’adieu, avait alors participé à un combat de boxe avec l’étudiant en art Abraham David Christian. En 2012, pour les 50 ans du mouvement Fluxus, Eric Mangion, directeur du centre d’art de la Villa Arson, invite Ben qui renouvelle l’installation, et organise des performances sur ce ring pour l’exposition Ben signe Nice. Les artistes se succèdent en rounds de 3 minutes 33 secondes, temps imposé pour exécuter leurperformance. S’y succèdent joyeusement de la danse, de l’expression corporelle, de la musique, du théâtre, des défilés et bien sûr des pièces Fluxus. Chaque action, réalisée en public, est filmée puis transmise endifféré sur un écran placé au centre de l’installation. Les performances ont eu lieu durant plusieurs semaines, chaque mercredi, à 18 heures 33. Ben se présente en chef d’orchestre et arbitre, retrouvant ainsi les bases du mouvement Fluxus.

En 2013, avec la ville de Blois, Ben ouvre la Fondation du Doute. Le ring devient un espace pour le Combatd’idées, pour l’exposition inaugurale de ce nouveau centre d’art qui présente une collection de plus de 300 œuvres Fluxus.
Ce ring revient dans la grande Halle, au cœur de l’espace, autour d’un programme de performances, plaçant ainsi l’expression et les idées au centre de la vie de l’exposition, dans la tradition de Fluxus qui clame que l’art c’est la vie.

 

Biographie

Ben est l’un des artistes majeurs du XXe siècle connu pour ses actions et ses peintures. Sa production,à la fois réflexion sur l’art dans ce qu’il a de plus fondamental et intégrant notre quotidien dans ce qu’il a deplus particulier, réussit à faire de la vie un art. Sont ainsi entrés dans son œuvre des univers aussi éloignés duchamp artistique que l’ethnisme, l’ego ou la vérité. Ben bénéficie d’une incroyable popularité grâce à sesécritures, qui allient la plus grande impertinence et la plus grande justesse.

Ben, de son vrai nom Benjamin Vautier, est un artiste français d’origine suisse. Né le 18 juillet 1935 à Naples,de mère irlandaise et occitane, et de père suisse francophone, il est le petit-fils de Marc Louis BenjaminVautier, peintre suisse du XIXe siècle. Il vit ses cinq premières années à Naples. Après la déclaration de guerre,en 1939, Ben et sa mère vont multiplier les voyages : Suisse, Turquie, Égypte, Italie, pour enfin s’installer àNice en 1949. Il étudie à l’école du Parc-Impérial et à la pension du collège Stanislas. Sa mère lui trouve un travail à la librairie Le Nain Bleu en tant que garçon de course, puis lui achète une librairie-papeterie.

À la fin des années 1950, il la vend pour ouvrir une petite boutique, dont il transforme la façade en accumulant quantité d’objets et dans laquelle il vend des disques d’occasion. Rapidement, sa boutique devient unlieu de rencontres et d’expositions où se retrouvent les principaux membres de ce qui deviendra l’Ecolede Nice : César, Arman, Martial Raysse, etc. Proche d’Yves Klein et séduit par le Nouveau Réalisme, il estconvaincu que « l’art doit être nouveau et apporter un choc ». Au début des années 1960, commence le jeu des Appropriations. La règle établie par Yves Klein visait à s’approprier et signer le monde en tant qu’œuvre d’art sans jamais copier et en étant toujours le premier. Duchamp avait les chiffons, Christo les emballages, Arman les Accumulations, Klein le Monochrome, Ben va signer tout ce qui ne l’a pas été : les trous, les boîtesmystérieuses, Nice, les coups de pied, Dieu, les poules, etc., reliant l’art et la vie, expliquant que tout est artet que tout est possible en art. Essentiellement, Ben est un artiste conceptuel, un artiste de l’idée. C’est un provocateur, un railleur, un iconoclaste, il est inclassable.

 

Ben, Je signe tout, 1970 Saint Pancrace, Nice
© Jacques Strau

« Les Gestes de Ben, qu’il a commencé à effectuerà la fin des années 1950, ont maintenant leur placeau panthéon de la performance. Ses Ecritures sont des œuvres radicales, révolutionnaires. Ses travaux sur les attitudes et les conditions sociales révèlent un grand humanisme. Ben a une énergieintarissable, qui produit un flux d’informations,d’opinions, de livres, d’essais et de documents Internet. Il n’est pas l’artiste cliché enfermé dans sa tour d’ivoire mais plutôt un artiste de la rue. » Jon Hendricks, 2010.

Ben vit et travaille depuis 1975 sur les hauteurs de Saint-Pancrace, colline niçoise. Ses oeuvres sont présentes dans les plus grandes collections privées et publiques du monde, notamment au Museum of Modern Art de New York, au WalkerArt Center de Minneapolis, à l’Art Gallery of New South Wales de Sydney, au Museum ModernerKunst Stiftung Ludwig de Vienne, au MUHKA d’Anvers, au Stedelijk Museum d’Amsterdam, au musée de Solothurn, au Centre Georges- Pompidou et au Musée National d’Art Moderne de Paris, ainsi qu’au Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice.

 

 

Ben, par Bernard Blistène

Directeur du Musée national d’art moderne, Centre Georges-Pompidou

L’époque est amnésique. Elle célèbre à l’envi celles et ceux qui « performent », manière de laissercroire qu’ils déjouent le système. Plus une exposition sans présence du corps. Plus un projet sans unedimension pluridisciplinaire. Plus une manifestation sans réconciliation des contraires. L’art est partout et chaque rendez-vous est là pour le prouver.
Le dissensus s’abime dans des représentations complaisantes. On met en scène les malheurs du monde avec l’idée d’en être les témoins et les accusateurs. La bonne conscience fait son travail et le tour est joué.

Ben Vautier voit le monde autrement. Soixante ans qu’il nous apostrophe et nous renvoie à nosvanités vaines. Soixante ans qu’il s’escrime et s’exprime, se démène et s’enflamme dans un pêle-mêle mêlant le tragique et la farce, la souffrance et la joie, le pour et le contre. Eloge de la difficulté d’être soi,autocritique de l’égo, aphorismes en tout genre. Ben est là, entre vérité et mensonge, entre impertinence et sagesse. Ben est un artiste nécessaire.
De la fin des années 1950 à aujourd’hui, Ben met en scène et se met en scène au cœur d’un monde dont il ne finit jamais de dire qu’il l’effraie et l’amuse. Ben vocifère et tempête. Il écrit et il apostrophe. Il gesticuleet parle fort. Il est savant et populaire. Ben est sans doute l’un des plus extraordinaires animaux humainsqu’il m’ait été donné de côtoyer.

De tout cela, de ce combat quotidien contre lui-même et le temps qui ne cesse de filer, Ben fait uneœuvre à nulle autre pareille, une œuvre reconnaissable entre toutes. Familière et inventive. Une œuvre qui lui ressemble et dans laquelle tout un chacun, un jour dans sa vie, s’est reconnu et retrouvé. Nous avons tous en nous quelque chose de Ben Vautier, tant Ben Vautier nous dit quelque chose de nous-mêmes, de notre misère et de nos joies, de nos peurs et de nos vanités, de nos désirs et de nos échecs. Bref, Ben est à lui seul l’homme à la recherche de la vérité, sans doute un moraliste. Jamais un moralisateur.
Il faut toujours et encore regarder l’œuvre de Ben. Il faut en suivre le cours et les métamorphoses. Il faut le voir chercher à construire son langage. « Je dessinais des formes que je jetais si je retrouvais leur sourced’influence », écrit-il au sujet de ses premiers travaux. Il faut l’entendre chercher « un début de personnalité »lorsqu’apparait en 1957, la forme de la Banane. Et puis, viennent les Lignes, les Tâches, les Sculptures d’Objets, les Objets suspendus, le Vomis, le Déséquilibre, les Trous, les Sculptures vivantes, le Manque et le Tout… Le Tout comme la recherche de la réalité en sa totalité, le Tout pour que rien ne lui échappe. Entreleurre et maitrise. Sans doute une superbe définition de la création.

Car Ben est un créateur. Le mot semble galvaudé et lui va bien. Un créateur qui expose, signe et vend Dieu, son rival, à n’importe quel prix. Un créateur qui court et rend justice aux Terrains vagues. Un créateur qui donne forme aux mots et invente, comme le dit son copain Jon Hendricks à l’occasion du Strip-tease intégral de Ben, une peinture-mot. Et puis, il y a les Gestes qui, au-delà des Actions – ou « Aktion », si vous voulez faire germanique et savant – au-delà des « Performances » et autres « Happenings », des « Events »de George Brecht avec lesquels ils entretiennent une tendre affinité, sont l’expression même de la vie danstous ses états, du corps dans toutes ses manifestations : « Me cogner la tête contre un mur », « Cracher »,« Cirer les chaussures des autres », « Creuser un trou et vendre de la terre », « Uriner », « Rentrer dans l’eautout habillé avec un parapluie », « Me peindre », « Me battre »… J’en passe et des meilleurs. Tout dire, tout faire, ne jamais s’interrompre, ne pas connaitre le repos. Le corps, son corps, le mien, le vôtre dans tous ses états pour ne jamais cesser de lutter contre l’inéluctable. Ben, jamais hors-jeu. Ben, « notre contemporain », dans l’urgence absolue d’être et de laisser des traces. Pour ne jamais disparaître.

Bernard Blistène, 2018

 

Le 109

Pôle de cultures contemporaines

La ville de Nice a engagé, dès 2008, un projet de reconversion des 18 000 m2 de ses anciensabattoirs en un pôle de cultures contemporaines, contribuant au rayonnement culturel de la cité. Répondant à un réel besoin de se doter d’un outil de recherche et de création, cette mutation a commencépar l’installation dans une partie du site d’un collectif d’artistes – La Station, association défendant l’art contemporain par la production et l’exposition.

Dans le même temps, la ville a mis en place une mission de réflexion intitulée Chantier Sang Neuf,afin d’élargir ce processus de mutation à tout le site et à toutes les expressions artistiques ; réflexion concrétisée par la création de la Grande Halle (un espace de 2000 m2), du Frigo 16, de la Table Ronde ;tous ces espaces pouvant recevoir diverses programmations autour des musiques actuelles, d’expositions, de conférences et débats. Cette forme expérimentale du projet s’est déroulée jusqu’en 2015 par diverses actions de productions, de résidences (avec notamment La Compagnie Antipodes) et de manifestationstemporaires.
Depuis 2016, après des travaux significatifs de transformation de ses locaux, le 109 commence une nouvellevie permettant l’accueil d’autres acteurs majeurs de la vie culturelle niçoise. Le projet entre dans une deuxième phase de consolidation de ses objectifs par l’installation de 29 ateliers municipaux de plasticiens ; du Forum d’Urbanisme et d’Architecture ; de l’Entre-Pont, une fédération d’une trentaine d’associations de spectacles vivants ; de la compagnie de danse Antipodes ; de Botox(s), réseau d’art contemporain Alpeset Riviera ; du SACA, Syndicat des Architectes de la Côte d’Azur. Avec l’énergie produite par ses multiplesoccurrences, le 109 tend à conforter son rôle d’authentique vivier de création.
Dans sa nouvelle configuration, Le 109 se positionne comme une interface essentielle à la création contemporaine dans le paysage culturel local, national et international par un travail de coordination desactions menées par les protagonistes du site mais surtout par une programmation riche, diverse et ambitieuseen son sein tournée vers différentes typologies des problématiques culturelles, artistiques et sociétales denotre époque.

le109.nice.fr www.facebook.com/le109nice/

 

Le 109 © Cédric Teisseire

La Station

La Station a pour principal objectif de soutenir et de diffuser la vie culturelle et artistique contemporaineà Nice par tous les moyens et dans toutes les formes que celle-ci revêt.
Fondée à Nice en 1996, l’association Starter pilote le projet de La Station. La particularité de cette association est de faire cohabiter – à son origine dans une ancienne station service en centre ville – des espaces d’exposition ouverts au public et des ateliers de production.

La Station participe à ce phénomène, paru en Europe dans les années 90, comme une alternative dans la diffusion et la production artistique, par l’émergence de centres d’artistes auto-gérés appelés aussi ArtistRun Spaces.
La Station s’est donnée pour vocation de mettre en valeur la production artistique qui se fait dans cette ville, et attirer d’ailleurs, de France et d’Europe, des pratiques très contemporaines de l’art. Elle a pour but notamment d’aider les artistes et de participer au développement, à la promotion et à la diffusion de leurs activités.

C’est dans une volonté de proposer un maillon supplémentaire reliant au plus près les artistes, les institutions, les centres d’art, les galeries et le public, que La Station trouve sa pertinence, en tentant d’apporter une valeur ajoutée à un panorama culturel existant.
En octobre 2009, La Station s’est installée dans la Halle sud des anciens entrepôts frigorifiques mis à disposition par la Ville de Nice appelé désormais Le 109. Ces locaux rénovés ont une superficie de 1 000 m2 et sont partagés en espaces d’exposition ouverts au public et en ateliers. Une douzaine d’artistes y travaillentet participent à la vie, à l’organisation et au maintien d’une telle entreprise, par une mise en commun des compétences.
Des expositions, des performances sont proposées au public, ainsi que certains événements plus particuliers : lectures, séances d’écoute, concerts, projections vidéos, conférences …
Outre sa programmation intra muros, La Station a acquis au fil des années une audience nationale eteuropéenne grâce à des expositions organisées dans diverses villes à l’étranger.

www.lastation.org www.facebook.com/lastationstarter/

 

Soirée d’ouverture

 

 vendredi 14 juin à partir de 18h33

Éclairage Public #3

Vendredi 14 juin de 18h33 à 02h Samedi 15 juin de 12h à 02h Dimanche 16 juin de 11h à 18h

Moment phare de l’exposition, la soirée du vernissage sera également le lancement de la troisième saison d’Éclairage Public, un week-end jalonné de rendez-vous créatifs et conviviaux réunissant toutes les pratiques des acteurs artistiques et culturels résidents du 109 (La Station, L’Entre-Pont, Forum de l’urbanisme et de l’architecture, Cie Antipodes, Le Hublot, Ligne 16, Le SACA, Botox[s],les artistes des ateliers).

Entrée libre • Restauration possible sur place • Plus d’informations en ligne www.le109.nice.fr

Soirée d’ouverture : vendredi 14 juin à partir de 18h33

18h33 Grande halle du 109
Vernissage de l’exposition Ben et ses invités : La vie est un filmOuverture de l’exposition, jusqu’à 22h

19h Inauguration de l’événement avec la Fanfare Banda Nux

Voici Nux Vomica en formation fanfare. Ces remueurs d’esprit, d’abord plasticiens, ont doucement glissé vers la musique avec un esprit inchangé : célébrer les fêtes traditionnelles, parler niçois, s’intéresser à ses voisins et à son quartier. Amis de Ben — ils se sont rencontrés sur un char du Carnaval —, ils aimentmélanger les genres où tradition et ragga niçois chevauchent les rythmes carnavalesques. Leurs textesracontent la vie quotidienne, les quartiers, notre époque, le tout baignée dans l’univers satirique niçois. Populaire, drôle, festif et intemporel. Après leur déambulation sur le site du 109, Nux Vomica en formation scénique enchaînera à 21h sur le Parvis de Turin. www.nuxvomicanissa.com

20h > 22h Parvis de Turin : Moussu T et Lei Jovents + Nux Vomica

Depuis près de 15 ans, Moussi T e lei Jovents, figure incontestée de la chanson occitane, distille son blues moderne en emmêlant poésie urbaine occitane, rythmes créoles, banjo et guitare blues. Créé par Tatou et Blu, respectivement MC et guitariste de Massilia Sound System, ce qui fut au départ un « side project », estdevenu peu à peu un des groupes les plus stimulants de la scène française. Traditionnel et moderne, local et universel, nostalgique et boulégant. www.moussuteleijovents.com

21h > 22h30 + 22h30 > 00h : projections RIDDIM#1

Autour de et Le Cinéma de Beaulieu propose une programmation documentaire dédiée à la musique.
21h – ARC(O) ALPIN(O) de Christian Passuello – FR – 2000 – 52’ – L’Arc alpin désigne l’espace géographiquequi va de l’Italie du Nord aux Alpes-Maritimes. C’est aussi l’archet du violon traditionnel qui accompagne les danses de ces régions rurales de montagne. De jeunes musiciens folkloristes de diverses origines ont formé Arco Alpino pour faire revivre un répertoire recueilli dans les années 1970 auprès des derniers ménétriers.22h30 – RUDEBOY, THE STORY OF TROJAN RECORDS de Jack Davies – UK – 2018 – 85’ – Le documentaireraconte l’histoire du label de disques TROJAN fondé en 1968 par Lee Gopthal et Chris Blackwell, quiintroduisit en Angleterre, puis en Europe tous les courants musicaux jamaïcains d’après-guerre.

22h > 00h À L’Entre-Pont : Lo Còr de la Plana

Nombre de places limitées, sur réservation seulement (5€) — Depuis 2001, au quartier de la Plaine à Marseille, Lo Còr de la plana réinvente la vocalité méridionale, en la mêlant aux sonorités archaïques d’une méditerranée violente et crue. La percussion et la voix sont le couple emblématique de ce rituel rudimentaire, minimal, accompagnés par ce que le corps peut encore faire battre d’essentiel : les mains, les pieds ou les peaux.Chants religieux, à danser ou politiques, au fil de ses trois albums salués par la critique, les professionnelset le public, Lo Cor de la Plana est devenu le groupe référent de la musique occitane contemporaine. Pas étonnant qu’il tourne régulièrement dans le monde entier. www.occitanie-musique.com/fr/lo-cor-de-plana

22h > 02h À La Station : La Boum des cinéphiles #3, live et DJ

Une fête totale – orchestrée par Benjamin Fincher, Amélie Masciotta, Claude Valenti – pour faire danser sur de la musique vue au cinéma, plongés dans une scénographie singulière. Nous invitons une BandeOriginale de musiciens-compositeurs – La Doublure (Natalija Jukic et Benoit Gsell), Cyrille Mellerio, J-Chris Martin, Memphis Mao, Geoffrey Boulier, Hugo Vallée, Sidney Feret, Yowen Albizu-Devier, Christian Viallard- pour re-visiter en live de grands moments de cinéma en chanson.

Au Frigo 16 : Papet J + DJ set suivi du DJ set Saï Afroman Radio
Papet J – Parallèlement à son nouvel opus : Raggamufffin Vagabond, Papet J, l’un des chanteurs du Massilia Sound System, a lancé en 2015 Les Apéros du Papet. Il joue, avec trois de ses musiciens, le rôle de DJ et de chanteur. Bien sûr sont toujours abordés les thèmes chers au Papet : le voyage, la convivialité et labonne humeur marseillaise, les problèmes sociaux… Il donne aussi quelques coups de griffes aux politiciensmanipulateurs et aux intolérants de tout poil (qui le lui hérissent, le poil). Papet-J se définit depuis toujourscomme un chanteur occitan faisant rimer la langue d’Oc avec le reggae jamaïcain.
Saï Afroman Radio – D’abord compagnie de skate californienne crée en 1999, Afroman est aussi un Krew de Djs azuréens. Voilà 20 ans que les activistes d’Afroman propagent leur vibes,. La face sonore de leurnébuleuse viendra électriser le dancefloor avec leur Dj set groovy et chargés de pépites, distillant du funk, de la soul, de l’afro & Brazilian beats, de la deep house, enfin tout ce qui groove ! Depuis 2017, Afroman s’est doté de sa propre web radio (afroman.com, appli google play Afroman Radio, app store) : des mixesde divers Djs, amis ou rencontres d’un peu partout dans le monde.

La vie c’est, 2003, acrylique sur toile, 160x130cm © Ben Vautier

 

 

Azimuth

AZIMUTH

Benoît Barbagli, Tom Barbagli, Evan Bourgeau

Camille Franch-Guerra, Omar Rodriguez Sanmartin

Florent Testa, Anne-Laure Wuillai

Vernissage vendredi 12 avril à partir de 18h

Exposition du 13 avril au 28 juin 2019

Avec la participation de

Célia Vanhoutte, scénographie énergétique

Frédéric Blancart, commissaire d’exposition

« “Qui nous a traînés ici ? Je le maudis !“
Cette phrase revenait souvent avec ces variations :
“Mes mains sont gelées !“, “Je suis encore tombé dans un trou !“, “Ce n’est pas le bon chemin“.
Parfois la vallée taisait les grognements, à d’autres instants elle leur offrait un puissant écho. À 2500 mètres d’altitude, dans les montagnes du Mercantour, la traversée du Trécolpas vers le refuge de la Cougourde fut bien plus ardue que nous l’avions imaginé. Tout d’abord parce que les raquettes de premier prix en dévers, ça ne marche pas. Ça déchausse tout le temps, tu perds l’équilibre, tu tombes sur le côté et puis bon courage pour te relever. […]
Du courage, il en fallait pour se lancer dans cette aventure, pour quitter nos ateliers et  penser que nous allions faire des pièces là-haut, “en communion avec la nature“, qu’ils disaient ! 
Et dans les derniers mètres de la journée, les plus durs de tous, revenait encore cette phrase : “Mais pourquoi fait-on ça ?“
Oui pourquoi ? On tente de vous expliquer : Nous avons à créer des œuvres pour une exposition le 12 avril 2019 à la Galerie Eva Vautier. 
Quelques semaines plus tôt, le titre avait été décidé : “Azimuth“. Entre Exode, Exotopia, Azimut tous azimuts, “Azimuth“ avait triomphé. »
Extrait, Tous Azimuth, chapitre I, 2019.

La Galerie Eva Vautier et les artistes Benoît Barbagli, Tom Barbagli, Evan Bourgeau, Camille Franch-Guerra, Omar Rodriguez Sanmartin, Florent Testa, Anne-Laure Wuillai, accompagnés du commissaire Frédéric Blancart*, et d’une scénographie énergétique proposée par Célia Vanhoutte, présentent l’exposition Azimuth.
À l’origine, chemin ou direction, le terme « azimuth » désigne en topographie l’angle horizontal établi depuis la direction du nord, vers celle d’un point à l’horizon.

Entre traversées périurbaines quotidiennes, désirs d’escapades sauvages et protocoles artistiques, l’exposition Azimuth débute par une démarche collective.

Non loin d’un processus performatif, les huit amis se réunissent pour une excursion inaugurale vers le Mont-Cima, avec comme point de départ, le pas de porte de chacun. La marche ou le parcours des rues, ruelles, chemins, puis sentiers, gagne le point le plus haut, le plus lointain, que le consentent huit corps en accord, à neuf jours du solstice d’hiver.

Dans une seconde ascension, le commissaire Frédéric Blancart se joint aux artistes, pour ensemble, s’isoler dans un refuge de haute montagne, après un tumultueux périple à travers cimes enneigées, pierriers et lac gelé. À plus de 2000 mètres d’altitude, la neige, comme empreinte de chacun, se fait sculpture éphémère : fosses ou monticules, lignes en creux ou en relief, sillages de directions différentes et convergentes en un même azimut.

Loin de se limiter à ces deux expéditions, la démarche perdure et annonce d’autres explorations et quêtes de nouvelles contrées, terres et mers.

Si la marche est un prétexte au rassemblement, chacun la conçoit à sa manière, révélant chaque individualité, comme interdépendante des autres. Certains performent, prélèvent et archivent, d’autres soignent, cultivent et assemblent.

Les marches engagées pour l’exposition, telles des échappées, libératrices des contraintes communes, révèlent comme une primauté, animalités et fantasmes enfouis, parfois envolées lyriques d’un corps à corps avec la nature.

Esquissant les contours d’un territoire parcouru, l’exposition appelle à une déambulation, à travers installations, sculptures, dessins, photographies et vidéos. Les œuvres retracent la multiplicité des parcours : chemins escarpés ou routes goudronnées, ascensions rocheuses ou plongées marines, voyages introspectifs ou collectifs.

Celia Vanhoutte, praticienne en médecine traditionnelle chinoise, accompagne les artistes des premières marches jusque dans la composition de l’exposition. Se focalisant sur les éléments et leurs matériaux elle élabore une scénographie énergétique qui dessine, sous un cheminement a priori arbitraire, des complémentarités et tensions entre les oeuvres.

Le commissaire Frédéric Blancart et le poète Tristan Blumel, parmi d’autres invités, ponctuent l’exposition par différents évènements, toujours dans un jeu de résonances et de déplacements.

L’exposition Azimuth, à la fois une et multiple, révèle une proposition collective, générée par l’entrecroisement de huit perspectives singulières.

L’exposition Azimuth s’inscrit dans le parcours à échelle régionale Des marches, Démarches, coordonné par le Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, associé au Centre d’Art de Digne-les-Bains, à l’Espace de l’Art Concret à Mouans-Sartoux et au Laboratoire de Grenoble.
À travers expositions, installations, performances et évènements, organisés durant l’année 2019, les acteurs culturels du territoire, s’unissent autour d’une dynamique commune. Des marches, Démarches, sur une proposition artistique de Guillaume Monsaingeon, impulse le mouvement en tant que pratique artistique : marcher, courir, grimper, pédaler, nager, selon des rythmes qui peuvent aller jusqu’au silence immobile, en parcourant des territoires qui peuvent être intérieurs, escarpés, bucoliques, urbains … Des marches, Démarches, explore l’incroyable richesse des déplacements à échelle humaine.

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Frédéric Blancart a bénéficié de la résidence curatoriale ACROSS de thankyouforcoming, résidence au cours de laquelle il rencontra les artistes Camille France-Guerra et Evan Bourgeau*

 

 

Vue d’exposition, AZIMUTH, Galerie Eva Vautier
© crédits photographiques François Fernandez, Benoît Barbagli

Camera camera, Nice du 24 au 25 novembre 2018

Salon Camera Camera

Hôtel Windsor, Nice

 

Pauline Brun

Le 24 et 25 novembre 2018

SHOT

Pour Camera Camera, Pauline Brun présente trois vidéos de la série SHOT réalisées lors de sa résidence au printemps dernier à La Station ainsi qu’une installation mettant en fiction différents objets extraits de la série vidéo. Un personnage, silencieux, en combinaison blanche, aseptisé mais chevelu, séjourne dans la chambre de Lawrence Weiner de l’Hôtel Windsor.

photo Jacques Yves

 

Ventilateur, 2018 Nylon, Plexiglass

 

Pauline Brun, photo ©Jacques Yves

 

Camera camera, Nice

 

Drawing Now Art Fair du 28 au 31 mars 2019

DRAWING NOW ART FAIR

 

Ben Vautier artiste en focus

Gregory Forstner, Natacha Lesueur, Gérald Panighi, François Paris et Julien Beneyton artiste invité

 

 Galerie Eva Vautier, STAND C13, Drawing Now Art Fair, Le Carreau du Temple, Paris

Pour cette nouvelle participation au salon Drawing Now, la Galerie Eva Vautier présente les dessins de Ben Vautier, Gregory Forstner, Natacha Lesueur, Gérald Panighi, François Paris et Julien Beneyton artiste invité.

Le focus du stand est dédié à Ben Vautier, avec une sélection de dessins rares et historiques, d’autres récents, constituant un ensemble d’écritures et aphorismes sur papier. Depuis 1958, Ben tisse par l’écriture, peinte ou dessinée, des passerelles entre l’art et la vie. Les supports qu’il utilise, au départ pancartes et affiches, puis toiles et papiers noirs, affirment le caractère pictural de ses dessins actuels : écritures manuscrites au stylo correcteur blanc sur fond noir. Avec un ton proclamatoire et provocateur, ses dessins déroulent le fil de sa pensée, mettant en scène son « moi », son égo, ses autocritiques, questionnements et affirmations sur la vie.

Gregory Forstner expose une série de dessins réalisés au fusain, distingués par son geste pictural vif et expressif. Gentlemen à tête de mort, de cochon ou de chien, figures récurrentes du répertoire iconographique de l’artiste, composent un univers étrange emprunt d’allégories.

Les dessins de Natacha Lesueur, hyper-réalistes, reprises méticuleuses à la mine graphite inspirées de sa pratique photographique, sont inédits et réalisés spécifiquement pour cette édition du salon Drawing Now 2019.

Gérald Panighi, révélé l’année passée par son « nuage », propose une composition de nouveaux dessins, toujours navigant entre une imagerie soigneusement négligée et de petites phrases du quotidien, qui par leur assemblage, provoquent un humour grinçant.

Les dessins de François Paris évoquent souvent le corps ou la mécanique, les visages sont absents, les regards se refusent à l’aveuglante lumière du monde. Leur langage, emprunt de la photographie et du cinéma, constitue un récit elliptique.

Enfin, à l’occasion de cette édition Drawing Now 2019, la Galerie Eva Vautier invite l’artiste Julien Beneyton, qui présente deux dessins, restitutions minutieuses d’un environnement immédiat et quotidien : les quartiers populaires et les marchés, les habitants et leurs humeurs, comme le « témoignage d’une époque ».

 


For this new participation to the Drawing Now fair, Galerie Eva Vautier presents drawings by Ben Vautier, Gregory Forstner, Natacha Lesueur, Gérald Panighi, François Paris and Julien Beneyton as a guest artist. The focus of the stand is dedicated to Ben Vautier, with a selection of rare and historical drawings, others are recent, creating a collection of writings and aphorisms on paper. Since 1958, Ben has been spinning, through handwriting, painted or drawn, bridges between art and life. The basis he has been using, some boards and posters at the beginning, then black canvases and papers, affirm the pictorial characteristic of his current drawings: handwritten with a white out pen over a black background. In a declaratory and provoking tone, his drawings open the flow of his stream of thoughts, staging his “Me”, his ego, his self-criticism, questionings and assertions on life. Gregory Forstner shows a series of charcoal drawings, distinguished by his sharp and expressive pictorial gesture. Gentlemen with their heads as a skull, that of a pig or a dog, recurring figures of the artist’s iconographic repertoire, compose a strange universe marked with allegories. 

The drawings of Natacha Lesueur, are hyper realistic, meticulous renditions in graphite, inspired by her photographic practice, they are new and especially made for Drawing Now 2019. 

Gérald Panighi, revealed last year with his “cloud”, proposes a composition of new drawings, still navigating between a carefully neglected imaging and some short daily life sentences, which, put together, trigger biting humor. 

The drawings of François Paris often evoke the body or mechanics, the faces are missing, the gazes reject the blinding light of the world. Their language, a borrowing from photography and cinema, creates an elliptic tale. 

Finally, for this edition of Drawing Now 2019, the Galerie Eva Vautier invites the artist Julien Beneyton, who presents two drawings, meticulous renditions of an immediate and daily environment: working-class areas and markets, the inhabitants and their moods, like the “account of a time.”

 

Ben Vautier, Parfois l’art me fait pleurer, 2019
Pastels sur papier, 65 x 50 cm

 

Ben Vautier, Le temps plus fort que l’art, 2019
Stylo Correcteur blanc sur papier, 21 x 30 cm

 

Gérald Panighi, Il dort chez ses parents la semaine, 2018
Technique mixte sur papier, 70,5 x 50 cm

Gérald Panighi, J’ai peur quand le téléphone sonne, 2018
Mine de plomb et crayon de couleur sur papier, 49 x 35,5 cm

 

Gregory Forstner, Sans titre, 2019
Fusain sur papier, 180 x 150 cm

 

 

Natacha Lesueur, Une chambre à soi 1, 2019
Mine graphite sur épreuve photographique, 53 x 37 cm

Francois Paris, De l’antique regard absent, 2019
Dessin à la mine de plomb sur papier Arches, 36 x 26 cm

 

 

Julien Beneyton, BEAU RIVAGE, BANDOL, 2015
Acrylique sur papier, 55 x 55 cm
Courtesy & Copyright Julien Beneyton

 

Geoffrey Hendricks “Skies” et Berty Skuber “Reusen” du 26 janvier au 23 mars 2019

Geoffrey Hendricks

“Skies”

 

et

 

Berty Skuber

“Reusen”

 

Du 26 janvier au 23 mars 2019

 

Geoffrey Hendricks, portrait © Photographie Thierry Bourgoin

 

Geoffrey Hendricks (1931 – 2018) représente aux Etats-Unis l’un des membres actifs du mouvement Fluxus, aux côtés de Georges Maciunas, dès 1960.
La représentation des nuages, et son étude systématique des couleurs de ciels, peints le plus souvent à l’aquarelle, lui ont valu le surnom de « cloudsmith – forgeron de nuage », que lui a attribué Dick Higgins. Dès 1965, il réalise les « Sky Boots » et recouvre ensuite de motifs nuageux, toiles, objets, installations et corps humains.
Geoffrey Hendricks élargit ses recherches à la performance, pratiquant la posture du poirier, produisant par son renversement tête en bas, une modification de la vision du monde, de l’art et de la culture.

 

Geoffrey Hendricks (1931 – 2018) was one of the active members of the Fluxus movement, with Georges Maciunas, in the United States, as early as 1960.
The representation of clouds, and his systematic study of the colors of the skies, most often painted with watercolor, led to his being nicknamed “Cloudsmith” by Dick Higgins. In 1965, he made the “Sky Boots” and later covered canvases, objects, installations and human bodies with cloud patterns.
Geoffrey Hendricks widened his research to performance, doing headstands, producing because his head was reversed, a modification of the vision of the world, of art and culture.

 

Berty Skuber, Reusen, 2000-2018, fils de cuivre

 

Berty Skuber (1941) élabore son oeuvre telle une encyclopédie fantastique, utilisant un large éventail de moyens d’expression : boîtes, assemblages d’objets et livres, photographies, dessins, collages, peintures et écritures.
Le langage est l’un des points de départ essentiels de son travail, qui est également mis en évidence par le soin apporté au choix des titres et des thèmes de ses expositions.

 

Berty Skuber (1941) elaborates her work like a “fantastic encyclopedia”, using a large scale of means of expression: boxes, collections of objects and books, photographs, drawings, collages, paintings and writings.
The language is one of the essential starting points of her work, which is enlightened by the care brought to the choices of the titles and the themes of her exhibitions.

 

Geoffrey Hendricks, More Than One Hundred Skies (Au-delà de 100 ciels), 2016, © François Fernandez

 

 

“Skies” de Geoffrey Hendricks, Exposition Galerie Eva Vautier, 2019, © François Fernandez

 


Geoffrey Hendricks, Headstand for Joe Jones / for Dick Higgins (Poirier), 1999, © François Fernandez

 

Geoffrey Hendricks, La Capra, 1976-1979, Coffret et photographies de la performance, © François Fernandez

 


Geoffrey Hendricks, La Capra, 1976-1979, Installation Galerie Eva Vautier, © François Fernandez

 

Berty Skuber, Exposition “Reusen” Galerie Eva Vautier, 2019, © François Fernandez

 

Berty Skuber, Paper Plates, 2009-2015, Exposition “Reusen” Galerie Eva Vautier, 2019, © François Fernandez

Avec plaisir

Avec Plaisir

 

Ben Vautier, Benoît Barbagli, Tom Barbagli, Pauline Brun, Marc Chevalier, Joseph Dadoune, Nicolas Daubanes, Sandra D.Lecoq, Kristof Everart, Gregory Forstner, Jacqueline Gainon, Alice Guittard, Jacques Halbert, Laurie Jacquetty, Natacha Lesueur, Philippe Matula, Gilles Miquelis, Frédérique Nalbandian, Gérald Panighi, François Paris, Florian Pugnaire, Charlotte Pringuey-Cessac, Caroline Rivalan, Simone Simon, Agnès Vitani, Anne-Laure Wuillai

 

Exposition du 7 au 22 décembre 2018

 

Sandra D.Lecoq, Les amours synéchiques, 2013

 

À découvrir pour vous faire plaisir cette fin d’année, une nouvelle sélection d’éditions et oeuvres originales des artistes de la galerie accompagnés de quelques invités.

 

« Avec Plaisir », visuels de l’exposition, © Photographies François Fernandez

FIGURATION LIBRE

FIGURATION LIBRE

 

BEN
Jean-Michel Alberola
Jean-Charles Blais
Rémi Blanchard
François Boisrond
Robert Combas
Groupe Dix 10
Hervé Di Rosa
Richard (Buddy) Di Rosa
Philippe Hortala
Mission Totale
Catherine Viollet

 

Exposition du 20 octobre au 1er décembre 2018

 

BEN Vautier, Le Tango Occitan, 1984

 

La “Figuration Libre” raconte les épisodes d’une histoire des débuts de la décennie, d’un moment de dégel politique et social, de fête, de fun, témoigne d’une production non académique, provocante, vitale, énergique, pulsionnelle … qui refuse la théorie, les groupes organisés, les manifestes, les normes. En France, Ben a donné un nom à cette liberté, ” Figuration Libre “, et une déclaration : « Libre de quoi ? / Libre de faire laid / Libre de faire sale / Libre de préférer les graffitis du métro de New-York aux tableaux du Guggenheim / Libre d’avoir une indigestion de Supports/Surfaces / Libre de dire ” l’histoire linéaire de l’art de Ben, rien à foutre ! ” / Libre de préférer passer la nuit dans une boîte de nuit que d’écouter Sollers / Libre d’avoir envie d refaire du Matisse, du Picasso, du Bonnard / Libre de chanter ” Maréchal nous voilà ” ou ” Viens Poupoule, viens ” / Libre d’aimer Mickey, la bande dessinée et pas Lacan / Libre de s’en foutre si on vous dit : tu copies / Libre de dire : ” Carpaccio, connais pas ! ” / Libre de vendre pour le fric / Libre de peindre sa bite en action / Libre de peindre sur n’importe quoi. » Ben, Figuration Libre, 1982.

 

” Figuration Libre ” est un art né de la culture populaire, dans la rue, dans l’environnement urbain, dans les clubs, autant que dans les ateliers et rarement dans les écoles. Un art rock et punk. Qui prend ses distances avec l’art minimal, avec l’art conceptuel du langage, du discours, du processus, avec l’Arte Povera ou le Supports-Surfaces des décennies précédentes.
On vit donc dix ans d’ébullitions et d’échanges avec la ” Figuration Libre ” les collectifs et les médias peintres en France, les Nouveaux Sauvages en Allemagne, les Nouveaux Artistes en Russie, le graffiti aux USA … Leur culture fait qu’ils exposent ensembles ou dans les mêmes galeries, réalisent des oeuvres, de la musique en commun.

 

En France, l’appellation ” Figuration Libre “, très ouverte au départ, se recentre autour d’un groupe constitué par Rémi Blanchard, François Boisrond, Robert Combas et Hervé Di Rosa, élargi à leurs plus proches : Richard (Buddy) Di Rosa et Louis Jammes. Catherine Viollet expose avec eux dès l’origine, fait des oeuvres en commun, leurs portraits, sans que leur collaboration s’ancre dans le temps. Dans la même mouvance s’inscrivent ceux que Ben nomme les ” satellites ” : lui-même à Nice, Philippe Hortala à Toulouse, Mission Totale à Monaco.
Richard (Buddy) Di Rosa témoigne : ” Le groupe d’amis que nous étions a été considéré comme porteur d’un nouveau mouvement ; et c’est vrai que le milieu de l’art avait besoin de se reconnaître dans quelque chose de nouveau, d’inattendu, de provocateur. “

 

Pascale Le Thorel, extrait, ” Libres Figurations années 80 “, Catalogue de l’exposition, Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la Culture

 

Exposition « Figuration Libre », Robert Combas, Jean-Charles Blais, François Boisrond, Ben Vautier
© Crédit photographique François Fernandez

 

Exposition « Figuration Libre », Mission Totale, Groupe Dix 10, Rémi Blanchard
© Crédit photographique François Fernandez

 

Exposition « Figuration Libre », Hervé Di Rosa, Jean-Michel Alberola, Richard Di Rosa
© Crédit photographique François Fernandez

 

Exposition « Figuration Libre », Philippe Hortala, Robert Combas
© Crédit photographique François Fernandez

“La Conjoncture du Hasard” François Paris et “I Draw You Watch” Nicolas Schevin

François Paris

La Conjoncture du Hasard

et

 

Nicolas Schevin

I Draw You Watch

 

Exposition du 2 juin au 28 juillet 2018

 

 

François Paris, Mythologie, 2017

 

 

Les dessins de François Paris semblent naître d’un désir d’histoires. Eléments parcellaires et essentiels d’un récit qui les dépassent, ils sont autant de chemins possibles activant un monde en permanente construction. Récupérées dans le flux des images circulant sur l’internet ou spécialement réalisées, les photographies qui servent à l’artiste de points de départ ont des qualités diverses. Singulières ou anecdotiques, elles évoquent souvent le corps ou la mécanique, le visage ou le crâne humain… Elles renvoient à la fugacité et à l’apparence.
Chaque dessin constitue le point de départ d’un récit elliptique à inventer. Les expositions de François Paris sont donc des scénarios ouverts, des séquences. En ce sens, on pourrait donc dire que ces œuvres empruntent autant au cinéma qu’à la photographie : les points de vue, les cadrages, les personnages, les indices, mais aussi et surtout, cette capacité à mettre en place des éléments capables d’ouvrir la voie à l’imaginaire.
Guillaume Mansart

 

François Paris, Le cavalier sans tête, 2018

 

François Paris, Sans titre, 2018

 

François Paris, Nihilistics Paradise, 2017

 

Les dessins de Nicolas Schevin propulsent le spectateur dans des expériences de visions rêveuses, parfois fiévreuses. Par le biais d’un support numérique, il créé des collages, compositions souvent agrandies de ses dessins spontanés, croquis ou brouillons, créant ainsi une tension entre l’ébauche et le dessin digital.
Ce travail d’assemblage clandestin organise des rencontres impossibles ou peu recommandables, entre des figures et quelques fragments de textes, reposant toujours sur un équilibre fragile.

 

Nicolas Schevin, Goldie, 2014

Drawing Now Art Fair 2018

Drawing Now Art Fair 12è édition

Du 22 au 25 mars 2018

Carreau du Temple, Paris

 

Avec les Artistes :

 

Gregory Forstner
Natacha Lesueur
Gilles Miquelis
Gérald Panighi
Florian Pugnaire
Ben Vautier

 

Dossier de presse en savoir plus 

 

La Galerie Eva Vautier présente à l’occasion de la douzième édition de Drawing Now Art Fair, une sélection d’œuvres de Gregory Forstner, Natacha Lesueur, Gilles Miquelis, Gérald Panighi, Florian Pugnaire et Ben Vautier.

Eva Vautier, fidèle à la ligne directrice de sa galerie ouverte en 2011, tisse des possibles entre des générations d’artistes qui ont marqué l’histoire culturelle depuis l’École de Nice, Fluxus, et jusqu’à nos jours.

Si certains d’entre eux jouissent d’une reconnaissance nationale voire internationale, comme Ben Vautier, Gregory Forstner, Natacha Lesueur et Florian Pugnaire, des artistes comme Gilles Miquelis et Gérald Panighi trouvent ici l’opportunité de faire découvrir à un public plus large la pertinence de leurs pratiques. Ces derniers construisent depuis plusieurs années une œuvre affirmée et établie, reconnue par l’institution et les collectionneurs français.

 

Ainsi le « focus » du stand sera consacré à Gérald Panighi, avec une sélection d’œuvres réalisées entre 2000 et 2018. Ses dessins, oscillant entre une imagerie soigneusement négligée et de petites phrases du quotidien, déclenchent de par leur assemblage un rire grinçant. Rappelant autant l’humour de Glen Baxter que la poésie de Magritte, ils nous renvoient à nos propres imperfections.

 

Gilles Miquelis et Gregory Forstner exposeront quant à eux des œuvres récentes consacrées à l’exercice classique du portrait, qu’ils interprètent pour l’actualiser.

Gilles Miquelis exposera une série de dessins réalisés entre 2016 et 2018. Inspirés de peintures du dix-neuvième siècle, que l’artiste se réapproprie à grands coups de fusain, ils représentent des enfants issus de la bourgeoisie, qui nous toisent avec dédain en fumant des cigarettes. De par leur ironie transgressive, les œuvres de Gilles Miquelis tournent à la dérision les tableaux autrefois commandés par les bourgeois pour symboliser leur prospérité.

Gregory Forstner présentera des portraits réalisés entre 2015 et 2018 dans lesquels on retrouve son geste pictural dynamique : majordomes, hôtesses de l’air, gentlemen à tête de mort, de cochon ou de chien, figures récurrentes du répertoire iconographique de l’artiste, composent ici un univers plastique étrange et suranné. Le plus souvent de grand format, les sujets de ses dessins puisent dans l’histoire de l’art, dans un culture populaire, ainsi que dans sa mythologie personnelle.

 

Spécifiquement pour Drawing Now, des dessins inédits de Natacha Lesueur et de Florian Pugnaire seront présentés, nous faisant découvrir de nouveaux possibles chez ces artistes connus surtout pour leurs photographies, leurs sculptures et leurs vidéos.

Natacha Lesueur pense le dessin comme une déclinaison de sa pratique photographique : reprises méticuleuses de ses images très colorées, ses dessins en noir et blanc produisent une aporie et concentrent notre attention sur la seule composition. Hyper-réalistes, ses dessins imitent en quelque sorte la photographie, tout en ouvrant de nouvelles perspectives : contrariant l’enceinte close du cadre photographique et proposant ainsi des représentations inachevées.

 

Florian Pugnaire décline son univers sculptural et vidéographique post-industriel sous la forme de dessins réalisés au feu, reprenant une imagerie issue de ses films : chantiers dévastés, voitures accidentées… Dynamiques et parfois violentés, ses dessins témoignent de son processus de travail, qui s’appuie avant tout sur le geste et l’expérience.

Enfin, Ben Vautier exposera des dessins rares et historiques, réalisés entre 1958 et 1979. On y retrouve le ton proclamatoire et subversif de cet artiste emblématique de l’École de Nice mais on y découvre également des œuvres plus intimistes, sensibles et poétiques.

La Galerie Eva Vautier présente pour le Parcours Master Now un dessin historique de Ben Vautier, Banane, réalisé en 1958.

 

The Galerie Eva Vautier, faithful to its guiding line, has been weaving since its opening in 2011, possibilities between generations of artists that have stood out in cultural history from Fluxus to these days.

If some of them enjoy a national and even international recognition, such as Ben, Grégory Forstner, Natacha Lesueur and Florian Pugnaire, artists like Gilles Miquelis and Gérald Panighi find here the opportunity to have a wider audience discover the relevance of their practices. The latter have been constructing an assertive and established body of works, recognized by the institution and French collectors.
Thus, the “focus” of the stall will be devoted to Gérald Panighi, with a selection of works made between 2000 and 2017. Gilles Miquelis and Grégory Forstner will show recent works dedicated to the exercise of the portrait they interpret to bring it put to date.

For the occasion, some surprising proposals, made specifically for Drawing Now, new drawings by Natacha Lesueur and by Florian Pugnaire, will be presented for the first time, introducing new possibilities for these artists mostly known for their photographs, their sculptures and their videos.
Also presented, some rare and historical drawings by Ben Vautier, made between 1958 and 1979.  Really bearing witness to the works of this major artist.

 

Gérald Panighi, C’est moi qui t’ai trouvé, 2017
Peinture à l’huile, mine de plomb et huile de lin sur papier, 75 x 57,5 cm

 

Ben Vautier, Banane, 1959
Encre de chine sur papier, 93 x 72 cm
Gregory Forstner, Sans titre, 2009
Fusain sur papier, 140 x 107 cmNatacha Lesueur, Grimoire #2, 2018
Graphite sur papier, 11 x 11 cm
Gilles Miquelis, Sans titre, 2017
Fusain sur papier, 75 x 55 cmFlorian Pugnaire, Sans titre, 2018
BA13, mur de brique, empreinte au feu, 40 x 60 cm

“Des Racines” Yosef Joseph Dadoune et “Deux tiers, un tiers” Jean-Baptiste Warluzel

Yosef Joseph Dadoune

Des Racines

 

et Jean-Baptiste Warluzel

Deux tiers, un tiers

 

Exposition du 13 mars au 26 mai 2018

 

Yosef Joseph Dadoune, Lost in the sea / Find / Forget, 2017

 

L’œuvre de Joseph Dadoune est profondément marquée par le questionnement et le dépassement des frontières — que ce soit celles qui séparent l’Orient de l’Occident, le pouvoir central de la périphérie, ou l’imaginaire du réel. À la confluence de la vidéo, de la photographie, de l’architecture et du dessin, sa recherche mêle à la pratique artistique l’engagement social et la réflexion métaphysique. Parmi ses œuvres marquantes, on retiendra son film Sion (2006-2007), produit par le musée du Louvre avec l’actrice Ronit Elkabetz ; Impossible Calendars (2013) exposé notamment au Musée de Tel-Aviv lors de la célébration du centenaire de Dada ; et, plus récemment, Barrière Protectrice (2017), un ensemble de dessins autobiographiques de guerre, réunis dans une publication aux Éditions Arnaud Bizalion.

 

Yosef Joseph Dadoune, Hannah Arendt Poèmes, vue d’exposition © François Fernandez

 

Poèmes Hannah Arendt
Pastel à l’huile de couleur sur papier Hänemhule 190 gr
84,1 cm x 59,4 cm
Série de 43 dessins

L’archétype d’une lettre bascule en tache ou en trait. L’utilisation de l’allemand, que je ne parle pas, me permet de me projeter ailleurs, d’être un autre. Une autre langue s’installe alors. Les amours que l’on retrouve dans les poèmes d’Hannah Arendt deviennent tantôt des fleurs, tantôt des écritures métamorphosées en blés solaires, tantôt des titres : You and Me. Me and You, les doubles flèches, renvoient aux allers et venues de printemps jaunes ou roses, à la subjectivité des amoureux allongés dans les champs de blés, aux paysages extrasolaires. Les repères géographiques et temporels sont effacés et cèdent la place à un fond blanc et « sonore », sur lequel viennent s’inscrire les traumas et les souvenirs.

 

Yosef Joseph Dadoune, Fleurs / After War. Blind Spot, 2015-2016, vue d’exposition © François Fernandez

 

Fleurs / After War. Blind Spot / Tel Aviv, 2015-2016
Suite de 36 pastels à l’huile noire sur papier

J’ai réalisé ces pastels dans mon atelier, dans le sud de Tel Aviv, le quartier des réfugiés Érythréens qui font face aux tours des « Gated Communities » aisées. Les filles et garçons morts par les caprices des Dieux dans Ovide deviennent ici des fleurs ou des arbres, rappelant les métaphores des gerbes de fleurs tressées par les Romains pour leurs morts. Fleurs / After War. Blind Spot sont ces fleurs noircies par la pollution physique et politique. Leur tiges en fer graissé, leurs « jambes » et leurs racines sont comme les socles sur lesquels on fixe les missiles anti-roquettes. Ce sont des beautés verticales ; vues de loin, elles forment un champ de fleurs noirs hybrides où le féminin et masculin jouent le jeu de la séduction.

 

Yosef Joseph Dadoune, Lost memory : Blind spot, 2017, vue d’exposition © François Fernandez

 

Fleurs / After War. Blind Spot / Tel Aviv, 2015-2016
Suite de 36 pastels à l’huile noire sur papier

J’ai réalisé ces pastels dans mon atelier, dans le sud de Tel Aviv, le quartier des réfugiés Érythréens qui font face aux tours des « Gated Communities » aisées. Les filles et garçons morts par les caprices des Dieux dans Ovide deviennent ici des fleurs ou des arbres, rappelant les métaphores des gerbes de fleurs tressées par les Romains pour leurs morts. Fleurs / After War. Blind Spot sont ces fleurs noircies par la pollution physique et politique. Leur tiges en fer graissé, leurs « jambes » et leurs racines sont comme les socles sur lesquels on fixe les missiles anti-roquettes. Ce sont des beautés verticales ; vues de loin, elles forment un champ de fleurs noirs hybrides où le féminin et masculin jouent le jeu de la séduction.

 

 

 


 

Jean-Baptiste Warluzel, Deux tiers un tiers, 2018
Installation vidéo et son, vidéo HD 40 min, son stéréo indépendant 15 min

 

Jean-Baptiste Warluzel vit et travaille à Toulon.
Il envisage la vidéo et le son comme un mode de pensée lui permettant d’interroger notamment le monde du spectacle et celui de l’exposition. Par des réagencements, des compositions et des reprises, il réalise ses images en questionnant l’action de l’interprète, du documentariste et celle de l’auteur.
Il produit régulièrement des projections vidéos pour l’opéra de Salerne en Italie, expose ses travaux dans différents lieux d’expositions (Palais de Tokyo pour les D’Days, Musée de Petach Tikva en Israel pour l’exposition Bibliogia).
Il collabore depuis trois ans avec la chorégraphe Régine Chopinot et enseigne à l’école supérieure d’art et de design Toulon Provence Méditerranée.

Eloge de l’invisible

En mai 2008 Jean-Baptiste Warluzel et un ami journaliste sont partis pour le Sichuan dans l’intention de rendre compte d’un séisme majeur qui avait eu lieu deux mois plus tôt, faisant quatre- vingt-huit mille morts dans la région montagneuse située à proximité de la capitale régionale Chengdu. Ce reportage fut un échec dans la mesure où les autorités chinoises, décidées à occulter cette catastrophe humaine en pleine préparation des Jeux Olympiques de Pékin, avaient interdit tout accès à la zone de destruction et contrôlaient avec rigueur les témoignages des populations déplacées et des survivants de cette tragédie.

Dix ans plus tard JBW a repris les images tournées sur place sous la pression de l’interdit policier pour reformuler dans le champ de l’art l’impossibilité du reportage initial. Il a choisi pour ce faire de juxtaposer les rushes de sa captation d’images dans l’ordre chronologique de leur prise de vue, sans autre forme de montage. Il a ensuite superposé à ces séquences d’images, en voix off, les indications du plan général du reportage, faisant entendre la construction logique qui aurait dû donner sa consistance documentaire au projet final. En mettant ainsi en évidence, dans sa reprise, cette désarticulation entre le programme énoncé et la succession des images qu’il nous donne à voir, l’artiste nous installe dans une situation d’étrangeté perceptive qui déréalise l’objectivité du document filmique et lui confère une autonomie poétique particulière.

Cette opération se fonde sur une déconstruction de la linéarité informative de la forme documentaire pour nous en livrer, en gravitant autour de l’écran d’invisibilité qui dissimule la réalité de la catastrophe, les échos périphériques, tour à tour mutiques ou traversés d’informations contradictoires. Le récit visuel fragmentaire qui en résulte est déterminé par le tempo chaotique imposé par la recherche des témoignages sous la contrainte omniprésente de la censure. En révélant ainsi, à partir du matériau brut accumulé dans l’action du filmage, l’impossibilité d’accéder à une quelconque réalité visuelle de cette tragédie, il la désigne aussi comme le centre inaccessible de son désir de représentation. La dynamique symbolique qu’il met alors en action excède la dénonciation de la censure politique dont il est victime en tant que documentariste pour atteindre à un questionnement plus général sur la valeur traductive de l’image par rapport au réel dont elle est censée rendre compte.

Dans ce contexte particulier où l’objet du reportage est escamoté et ne constitue donc plus le point focal de l’histoire, Jean-Baptiste Warluzel se saisit de cet empêchement pour inventer une forme nouvelle de récit déliée de toute intention démonstrative. Il fait alors miroiter les signifiants visuels de cette autonomie en une errance filmée dont l’acuité descriptive et le rythme syncopé, construits sur les marges de l’invisible, déploient l’intensité des sortilèges spéculaires de la caméra et son impuissance paradoxale à saisir l’essence du réel.

Jean-Marc Réol Février 2018