Benoit Barbagli

 

 

 

 

Benoît Barbagli

 

Les expériences de Benoît s’hybrident avec la furtivité. Elles entraînent différents médiums (peinture, sculpture, photographie, vidéo, son, édition) dans le champ performatif. Plurielles, elles prennent leurs sources sans s’y affilier dans les démarches interventionnistes ou appropriationnistes de la seconde moitié du XXe siècle avant de s’échapper vers l’hors-champ, traçant une dynamique indétectable, en apparence seulement.

Décrétant l’art comme prétexte de vie, « fantasmant l’ultime pièce comme un simple souffle : une respiration », Benoît s’inscrit dans un héritage Fluxus où la vie n’est plus théâtralisée. Ici, la poésie de l’ordinaire se greffe à un hymne à la nature débarrassée de toute vision bucolique. Pour autant, Benoît n’intervient pas en milieu naturel comme les artistes du Land Art, il ne modifie pas le paysage, pas plus qu’il ne préserve ou cicatrise les écosystèmes.

L’attitude désinvolte de Benoît face à l’histoire de l’art peut être déstabilisante. Loin d’être un moteur à la création, les citations artistiques qui font parfois surface sont appréhendées de manière décomplexée, sur le mode du copyleft, comme un développement ou détournement libre. À mille lieux de l’artiste postmoderne multipliant les références, Benoît fait de ses gestes des images poétiques délestées d’un ancrage historique ; une position-réaction face à une scène artistique contemporaine au profit du ici et maintenant. « L’inconsistance n’est pas l’insignifiance » disait Marcel Duchamp.

Sur la chaîne montagneuse d’Annapurna, sur le Massif du Mercantour ou sur les rives de la Méditerranée, Benoît marche, bivouaque, escalade, nage, plonge en apnée pour créer des gestes aux allures de conquête qui demeurent pourtant futiles et éphémères. Il côtoie et courtise la nature, se jette dans le vide ou au fond des abysses pour offrir, l’espace d’un instant, un bouquet de fleurs à la Terre [Les Tentatives, 2014]. 

 

L’ascension, le vertige, l’attrait du vide, l’ivresse des profondeurs donnent aux étreintes une pulsion sexuelle. Les énergies primordiales – l’eau, le feu, l’air, la terre-, les qualités élémentaires -le chaud, le froid, le sec, l’humide- sont convoquées et avec elles, différents paysages nocturnes ou diurnes -la montagne et la mer, les à-pics des falaises et la douceur des lacs, la chaleur du soleil et la blancheur glaciale de la neige.

La question du nu dans le paysage apparaît comme un contrechamp nécessaire à l’ère anthropocène. Elle n’affiche plus la place centrale et narcissique de l’humain ou du « je », elle sollicite une relation horizontale et pacifiée avec le monde. Elle se construit dans une volonté d’action, de réaction, de prise en main.

Les offrandes érotiques expérimentent les maillages qui relient l’humain à la nature. Un plaidoyer pour l’écosophie, un appel à ressentir les pulsions vitales s’y déploient. La méditation s’instaure comme une Forme de paix [2016]. Les Visites [2014] exultent le plaisir d’une connexion et interaction. La nature n’est plus un lieu de repli idéalisé, elle est un partenaire privilégié et intime. Elle est là où le vent se lève.

Benoît favorise des moments de synergie artistique par des actions éco-solidaires. Ainsi, il initie des sessions de création collective dans une atmosphère joyeuse et festive où la figure de l’auteur et de l’autorité est interrogée. À plusieurs, ils se laissent tomber au fond de l’eau comme dans un sommeil profond [Nous avons essayé de nous endormir sous l’eau, 2018], jouent de la trompette en pleine mer [Il y a comme un lien entre la musique, l’eau et la vie, 2019], courent nu.es dans la neige [Coup de soleil, 2019].

 

Certaines expéditions s’affirment, de manière pérenne, éphémère ou nomade, dans le paysage, sollicitant l’aide de compagnons aux savoir-faire et qualités spécifiques. Avec un architecte naval [Marc Risé], des musiciens et des apnéistes amateurs, il immerge, le temps d’une session, un piano « infusant une onde musicale dans les tréfonds maritimes » [La marée de la trépidation, 2015].

Accompagné de grimpeurs [Félix Bourgeau, Audrie Galzi, Tom Barbagli], il fixe à l’aplomb d’une montagne un moulage en bronze (d’environ 20 kg) de son bras tenant un véritable bouquet de fleurs voué à disparaître s’il n’est pas remplacé [Ici la terre, 2014]. Avec un amie cameraman, il fait voyager une stèle de bois brûlé en pleine nature comme une porte interstitielle ouverte de l’autre côté du miroir [Monoxyle, 2019].

La nature est également un partenaire privilégié. À Athènes, avec l’artiste Eri Dimitriadi, il tente de capturer la forme de l’eau sur terre ou sous mer [Ocean mémoria, 2017- ]. Seul, il lance dans le paysage de l’encre naturelle confectionnée sur place pour qu’elle vienne maculer une toile déposée en contrebas dans une forme de co-création cosmologique [Ecotopia, 2016-2020].

Cette propension à travailler en collaboration se cristallise dans la naissance en 2018 d’un collectif à géométrie variable (Tom Barbagli, Evan Bourgeau, Camille Franch-Guerra, Omar Rodriguez Sanmartin, Anne-Laure Wuillai) et au nom fluctuant (Azimuth, Palam) magnétisant des envies et idéaux éco-solidaires communs.  Le collectif et la marche en montagne devient un processus de travail, une manière d’habiter la terre [Azimuth, 2018 ; Sous la glace, l’eau, 2019].

 

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Benoît est l’un de ces esprits nomades, qui tente d’ouvrir un champ exploratoire où les énergies circulent librement jusqu’à rendre inextricable les liens qui relient expérience, plaisir et création. En témoignent ses textes manifestes ou épiques ainsi que ses éditions [Ici la terre, 2015].  Les expéditions prennent sans complexe une envolée lyrique. Cette réminiscence du Romantisme, loin d’être naïve, semble évoquer ce que ce passé peut dire au présent pour que l’humain ne soit plus face à la nature, mais avec elle.

Dans cet activisme sensuel, la jouissance de la liberté ne cesse d’exulter encore et encore jusqu’à créer un élan de vie politique et sociétal. L’engagement collectif -et non communautaire- devient cortège.

 

Ainsi, ils lèvent le point armé d’un bouquet [Révolution naturelle, 2019-2020], s’aiment à plusieurs, la nuit, dans les rues du quartier Exarchia -lieu d’autogestion et d’initiative citoyenne à Athènes [ACAB, 2017]. Avec l’artiste Aimée Fleury, ils alimentent et cultivent le feu de la liberté [La libération, 2020] dans une sorte de rituel processuel et chamanique qui n’est pas sans rappeler ses recherches plastiques sur la télépathie, la synesthésie, la transe [À corps, 2013] ou ses compositions sous LSD [Déploiement de l’eau, 2011].

 

Ces œuvres, instants de vie engagés dans un meilleur lendemain, ne participent pas toujours d’une réflexion éco-responsable qui serait davantage en phase avec la pratique. Cependant leur nature est ailleurs, immatérielle, insaisissable. Elles se cristallisent dans l’émotion qu’elle procurent, dans l’appel à la liberté, à la tempête et à l’élan qu’elles insufflent.

Benoît Barbagli 

Né en 1988 à Nice.

Vit et travaille entre Paris et Nice.

 

EXPOSITIONS PERSONNELLES

 

2021

Sous le Chaos La vie, Galerie Mansard, Paris

Ecotopia – Prémises , Espace culturel de Portlympia, Nice

Ecotopia – Entrevue , Chateau de lChâteau de la Napoule, Mandelieu-la-Napoule

 

2020

90° au dessus du feu, Hôtel Winsor, Nice

Alive, Château de la Napoule, Mandelieu-la-Napoule

 

2015

Chambre de télépathie, SuperVue, Hôtel Burrhus, Vaison-la-Romaine

En une seconde d’inspiration, façade extérieure du MAMAC et du TNN, Nice

Exposition réalisée dans le cadre du festival Réveillons-Nous organisé par Irina Brook

Une sorte de métaphore comme la (planète) Terre, Paris 18ème

Exposition réalisée en partenariat avec l’association Diamètre, Galerie itinérante

Ici la terre, Rosalina, Nice 

Exposition réalisée dans le cadre d’un évènement Botox(s)

 

 

EXPOSITIONS EN DUO

 

2022

OceanBloom, Ilieana Tounta, Athènes, Grèce  (avec Eri Dimitriali) 

 

2018

Emosophia, commissariat Caterina Zevola Open Bach,  Paris (avec Bertrand Lanthiez)

 

2017

Derrière la Mer, Galerie de Beuil, Beuil (avec Anne-laure Wuillai) 

 

 

EXPOSITIONS AVEC LE COLLECTIF PALAM :

 

2021

Orées, Villa Cameline, Nice

 

2020

Sous la glace l’eau, Caisse d’épargne de Nice massena, Nice, 

En présence de, Chapelle Sainte-Elisabeth, Villefranche-sur-Mer

 

2019

Azimuth, Galerie Eva Vautier, Nice, et le FRAC PACA dans le cadre Des mArchess et démArchess

 

 

EXPOSITIONS COLLECTIVES

 

2021 

L’horizon, Galerie Eva Vautier Hors les Murs, La menuiserie

 

2020

Fire walk with me, Musée d’art Naif, Nice

 

2019

Nopoto, BelOeil, Nice

Bâtir, villa Le Roc Fleury, Cap d’Ail 

La vie est un film, 109, Nice

100titres, BelOeil, Nice 

 

2018

Avec plaisir, Galerie Eva Vautier, Nice

La mémoire et la mer, commissariat Rebecca François, Nice

Private Choice, commissariat Nadia Candet,  Paris

Une collection 5, commissariat Camillle Frasca, Paris

 

2017

Rien ne se perd…., commissariat Camillle Frasca, Paris 

Une collection, commissariat Camillle Frasca, Nice 

 

2016

Un palais idéal des egos étranges,  Palais idéal du facteur Cheval, Hauterives

 

2015

Odyssée, Galerie La Marine, Nice

Exposition organisée par la Villa Arson, étudiants diplômés 2015

 

2014 

Des corps compétents, Centre d’art de la Villa Arson, Nice 

 

2013 

Travaux en cours, Galerie Eva Vautier, Nice 

Exposition collective et commissariat organisé en partenariat avec Eva Vautier

Manca, concert performatif, MAMAC, Nice

 

 

PERFORMANCE / WORKSHOPS / RÉSIDENCES

 

2019

Polychrome, résidence Utopia, Ponte-Leccia, Haute-Corse

 

2018

School of Nice – From Pop Art to Happenings, Hong-Kong, French May 2018, direction d’un workshop sur la performance en tant que représentant de l’Ecole de Nice.

 

2013

Avatar, workshop,  École d’art de l’Université Laval, Québec, Direction Pascal Broccolichi et Julie Faubert

 

2012-2013

Des corps compétents, workshops, HEAD, Génève, Suisse sous la direction de Arnaud Label Rojoux, Patrice Blouin et Christophe Kihm

 

2011

Concert FLUXUS, Performance MOMA avec Ben Vautier

 

 

FOIRES

 

2019

DrawingNow, Paris, Galerie Eva Vautier 

 

2018

ArtParis, Paris, Galerie Bertheas 

 

 

PRÉSENTATION PERMANENTE

 

Galerie Bertheas, Vichy, Saint-Etienne, Paris 

Galerie Eva Vautier, Nice

 

 

PUBLICATIONS

 

2020

Ten Years of Love (publication future)

 

2019

Ecotopia, livre sur le projet écotopia 

 

2014

Ici la terre, le mémoire, Mémoire de fin d’études dirigé par Joseph Mouton et Thomas Golsen, Villa Arson, Nice

 

2015

Ici la terre, l’expédition, Coédition pour le projet Ici la terre, réalisée avec les textes de Tristan Blumel

 

 

FORMATIONS

 

2015

DNSEP, Villa Arson, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Nice

 

2013

DNAP, Villa Arson, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Nice

 

2011

Licence III Philosophie, Université Nice Sophia Antipolis 

Inscrit à la maison des Artistes, numéro de siret : 79392808600016

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90° au dessus de nous
Tentative 1 Vivante
lancée 100x61
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