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Sandra D. Lecoq est peintre. Mais la couleur chez elle se tresse, se coud, se confectionne. Au pinceau se substitue l’aiguille, les bouts de tissus font de bons aplats, et quand la peinture est là, c’est pour se remplacer elle-même. Il y a des techniques qui sont aussi peu mineures qu’un sexe peut être faible. Les métiers de « bonne femme » ne rendent pas les femmes bonnes, et l’aiguille qui pique le doigt finit par l’endurcir. Si la misogynie du « grand art » motive l’artiste, c’est avec des armes d’ouvrière qu’elle lui fait face. Sandra D. Lecoq n’est pas pour autant revancharde. Ce serait trop facile, trop machiste.
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Elle est joueuse, mais s’adonne à ces jeux qui vous émasculent avec douceur. Il n’y a sans doute que les petites filles pour habiller Ken en femme parce que c’est « joli ».Chez l’artiste, les pénis aussi sont jolis, bariolés et chatoyants, tressés en tapis ou brodés sur couverture, mais le moelleux y confine à la mollesse, et la couture paraît suture.

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De cette candeur sauvage, Sandra D. Lecoq a rapidement compris les rouages (la psychanalyse n’est jamais loin) et su les détourner (l’art est là). « La dynamique de celle qui cherche à en avoir est plus stimulante que celle de celui qui a peur de le perdre », dit-elle si bien. Que le phallus ait fini par côtoyer la tête de mort dans une série d’aquarelles (Le vit en rose) n’étonne pas. Éros et Thanatos, évidemment – le vouloir ou le perdre –, mais aussi tout simplement la bite et la tête, tourmentées ici par une pulsion de grossièreté, ou disons d’humanité : le doigt d’honneur est un doigt qui bande, et la Vanité le meilleur argument du cynisme.

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Sandra D. Lecoq, une araignée tissant sa toile ? une Pénélope défaisant la sienne ?L’image de la femelle malicieuse était trop facile pour ne pas s’en emparer. « FEMALE WILD SOUL » placarde-t-elle à l’envi, toujours au pochoir ou cousu de fil rouge.L’effet est désarmant : la formule devient leitmotiv, ritournelle, fioritures. Les stéréotypes, si on ne veut pas les avaler, il faut savoir les tailler, les travailler, et les pulvériser. De cette bataille douce, la mélancolie n’est jamais absente. Le travail sur papier en est le reflet le plus net, par ses titres (Bleu poussière et rose cafard, Les photos de famille) comme par ses sujets (superbe série d’autoportraits où la figure mortuaire se noie dans l’acrylique). Mais c’est encore le paradoxe entre l’application, le temps et l’ingratitude du procédé et l’ardeur formelle de l’œuvre qui en témoigne, comme une espèce d’acceptation de la tâche, un refus de s’offrir si facilement le luxe de la dénonciation.

Animée du désir de piquer sans (se) faire mal, de jouer la caricature sans y tomber, cette soucieuse enjouée entretient avec ses démons le même rapport qu’avec la peinture : détourné et caustique, mais humble et dévoué.

Augustin Besnier

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English version 
Graduated from the Villa Arson in 1996, Sandra lives and works in Nice. Following the idea of Supports-Surfaces, where the picture is broken down by analytical gestures, she plaits and sews multi-coloured fabrics that take shape in the frame and on directly on the canvas. Born of this, oblong penile and sexual forms spread along the ground, on the walls sometimes, as much paint stains, diurnal pollutions thought amused. The long and meticulous performance of her work confronts the vehemence of her object highlighting paradoxes and tensions, suggesting that it is the unconscious  “soul of the wild female” who is at work .
 
Sandra Lecoq is a painter. But to her, colour is made through sewing and plaiting. She substitutes paintbrushes for needles, while scraps of material make up the base and when paint is applied, it is to superimpose already existing colour. Some things are as unimportant as the size of your sex. The techniques of the “good woman” do not make women good, and the needle that pricks their fingers, ends up by making it hard.
 
If misogyny of “high art” motivates the artist, it is with working class weapons that she faces it. Sandra D. Lecoq is not however after revenge – that would be too easy, too macho. She is playful, but indulges in games that emasculate you gently. There is no doubt that little girls like to dress up Ken as women because it makes him “pretty”. For the artist, the penis is also pretty – colourful and shimmering, plaited together to make a rug or embroidered on a blanket, but the softness confines the malleability, and the stiches border on sutures.
Sandra D. Lecoq quickly understood the workings of this kind of wild candor, (psychoanalysis is never far away) and managed to divert it (art is here). “The dynamics of the person who seeks is more challenging than those of one who is afraid to lose,” says Lecoq. That the phallus has ended up along side the skull in a series of watercolours (Le vit en rose) is not surprising. Eros and Thanatos , clearly – to want or to lose – but more simply cock and head, driven by a tormented desire of vulgarity or say humanity : the middle finger is erect, and vanity the best argument of cynicism.
 
Is Sandra D. Lecoq, a spider spinning its web? or a Penelope undoing it? The image of the malicious female is too easy to not mention. “FEMALE WILD SOUL” she placards at will, always in stencil or sewn in red thread. The effect is disarming: the formula becomes a leitmotiv, an ornamental motto. If you do not want to swallow the stereotype then you must know how to cut it, work it and pulverise it. In this sweet battle, melancholy is never absent.
The work on paper is a clear reflection by their titles (Bleu poussière et rose cafard / Blue dust and pink melancholy, Family photos) as her subjects (a superb series of self-portraits where a dying figure is drowning in acrylic). But it is still the paradox between the application, time and the ingratitude of the process and the formal ardour of her work that demonstrates, as a kind of acceptance of the task, a refusal to offer the luxury of denunciation.
Animated by her desire to sting without hurting herself, to play the caricature without falling over, this worried happy person has the same relationship with her demons as she does with painting: stolen and caustic, but humble and devoted.

 

legermourronsdesoiseaux

Mourrons des oiseaux , 2013,
Peinture, tissu et fil, 330 x 254 cm

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Sans titre, 2013,
Tissus peinture et laine, 130 x 138 cm

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Sandra D Lecoq, "De vous rien ne m’ émeut" , 2013,  125 x 250 cm, Tissus, perles, fil de fer et peinture

De vous rien ne m’ émeut, 2013
Tissus, perles, fil de fer et peinture, 125 x 250 cm,

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R R, le baiser, 2013,
Technique mixte, dimension variable

Sandra D. Lecoq

Née le 05-05-1972, à Penja Cameroun

Vit et travaille à Nice

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EXPOSITIONS INDIVIDUELLES

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2012

Pittura in forma di rosa, Galerie Martagon, Malaucène

2009

SDL, Galerie Martagon, Malaucène

2008

Un truc doux, Galerie RDF, Nice

Phallus et Vanité, Centre d’art 3bisf, Aix en Provence

2007

Le vit en rose, Galerie Norbert Pastor, Nice

Sandra D. Lecoq, collège Port Lympia (censurée)

2006

Délicieux cadavres exquis ou l’histoire d’une sainte famille recomposée, Le Dojo, Nice

Showroom, Galerie Helenbeck, Paris

2002

Sandra D. Lecoq, Villa Arson, Nice

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EXPOSITIONS COLLECTIVES

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2012

A l’origine, Nice,Galerie Malborough, Monaco

Belle à en crever, avec olivier bartoletti, La Station, Nice

Ici Nice, Les abbatoirs, Nice

2011

20 ans de réflexion, Ferme des Arts, Vaison

Entre chien et loup, (guest vidéo Sandra Lecoq), Résonance de la 11ème Biennale de Lyon, Galerie José Martinez, Lyon

Identité et genre, exposition itinérante

絲印, Macumba night club, Nice

J’aime les femmes et je le prouve, Ben, Nice

La peinture autrement. L’art et la côte d’Azur, Musée Chagall, Nice

La sculpture autrement, Eco’Parc, Mougins

Random, RDF Galerie, Nice

En espace En surface, Espace Cloître Saint-Louis, Avignon

2010

De la trace à la tache, Galerie Martagon, Malaucène

2009

Discocactus, Jardins exotiques, Monaco

2008

CENT, Galerie Defrost, Paris

Le fil du calvaire, Galerie Vanessa Quang, Paris

Le 6 rue Fodéré, La Maison, Nice

Collection Hélène Jourdan Gassin, Les Ponchettes, Nice

45mille baci from bubak, Iles Bijagos Guinée-Bissau

Que le nouveau émerge de l’ancien, (Mao) Centre d’art àcenmetresducentredumonde, Perpignan

2007

Etes vous bien adaptés à la vie moderne?, Galerie Norbert Pastor, Nice

Cabinet Démocratique, Villa Cameline, Nice

2006

Art Multiple, Espace de l’art concret, Mouans-Sartoux

Cabinet Érotique, Villa Cameline, Nice

2005

Beyond Narcissus, David Dorsky gallery, New York, Etats-Unis

Vinyl, Villa Cameline, Nice

Multiples, Astérides, Marseille

Le stigmate del quotidiano, avec Karim Guelloussi, Musée de la Photographie, Mougins

La Réserve, Galerie des Ponchettes, Nice

Cabinet Érotique, Villa Cameline, Nice

2004

Editions & Artists books Fair, New York, Etats-Unis

Haircourt Edition sur le net

FIAC Florence Loewy Books by artists, Paris

Errer la nuit, le Wagram, Nice

Espace Helenbeck, Nice

Showroom Helenbeck, Monaco

Colocataires 2, Espace Poirel, Nancy

2003

Colocataires, Centre d’art, Castres

2002

Voilà la France, centre expérimental pour les arts contemporains, Carriglio, Italie

Prescient then and now: the resonance of Support/Surface, David Dorsky gallery, New York, Etats-Unis

À bas la société marchande spéculaire, Espace Gustave Fayet, Sérignan

Guest Star, Brut de décoffrage, Nice

2001

Jolie attaque pour perdre, Espace des arts, Colomiers

Sandra D.Lecoq/Olivier Bartoletti, Galerie Zoo, Strasbourg

Prospect#1 vidéochronique, Marseille

2000

KUB, Association KUB, Nice

1999

DCE, Délégation aux arts plastiques, Paris

1998

Guest room, Galerie E. Canus, La Colle sur Loup

Guest room, La Station, Nice

1997

Les 10 jours de l’art contemporain, La Station, Nice

Adieu monde cruel, Paris

1996

Pomme Z, Galerie ARTCO, Ajaccio

100%, Villa Arson, Nice

49F90, Galerie Nice Fine Art, Nice

1995

Nice by night 3, Parcours nocturne dans les appartements, Nice

1994

Nice by night 2, Parcours nocturne dans les appartements, Nice

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PROGRAMMATION VIDÉO

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2004

Montevidéo, Marseille

2002

Voilà la France, centre expérimental pour les arts contemporains, Carriglio, Italie

Projection, Brut de décoffrage, Nice

2001

Main basse, La station propose Transport en commun, programmation vidéo, MAMAC, Nice

2000

Festival vidéo, Estavar / Llivia

Les sens, Imagespassages, Annecy

1999

Festival de la fiction vidéo, Vendôme

Vidéothèque éphémère, Galerie ESCA, Milhaud

Vidéothèque éphémère, Espace croisé centre d’art, Lille

Les matins bleus, Imagespassages, Anneçy

1998

Vidéonale, Kunstmuseum Bonn, Allemagne

12ème rencontres vidéo art plastique, Hérouville

Imagespassages, Annecy

Festival vidéo, Estavar / Llivia

1997

Bandits mages, Festival vidéo, Bourges

Ephémère, Vidéochroniques, Marseille

1996

10ème rencontres vidéo art plastique, Hérouville

1995

Festival vidéo, E.L.A.C, Lyon

Festival vidéo, Vidéochroniques, Nice

1994

Vidéogrammes, Vidéochroniques, Marseille

Bandits Mages, Festival vidéo, Bourges

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 AUTRES PRODUCTIONS, AIDES, ACQUISITIONS

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VIDÉOS

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2012

Délicieux cadavre exquis 5, correspondance filmée avec Olivier Bartoletti

2001

Délicieux cadavre exquis 4 “En attendant Jonas”, correspondance filmée avec Olivier Bartoletti

1999

Vir heroicus sublimis findus / le grand leurre MAMAC, documentaire filmé sur N. Dolla, Nice

Délicieux cadavre exquis 3, correspondance filmée avec Olivier Bartoletti

Cinq silences, Exposition de Vassivière, documentaire filmé sur N. Dolla

Délicieux cadavre exquis 2, correspondance filmée avec Olivier Bartoletti

Délicieux cadavre exquis 1, correspondance filmée avec Olivier Bartoletti

Odyssée à Vulcano “Peindre avec la fumée des volcans”, documentaire filmé sur N. Dolla, 3mn 52

Les chiens mouillés, 5mn45

1997

Les pièges abscons, 4mn

Quatre roues au vélo (dans le cadre du siècle d’Aragon), 2mn15

1996

C’est rose aussi, 4mn30

La mariée vive, 5mn30

Des bulles comme une nuée de clous, Performance filmée avec Olivier Bartoletti

C’est beau la vie, 4mn

Jouez famille, 5mn

1994

J’aime la vie, 8mn30

1993

Scénographie, en collaboration avec Olivier Bartoletti

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ŒUVRES DANS L’ESPACE PUBLIC

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2011

Aménagement du patio de rééducation fonctionnelle du CHU Archet 1, Nice

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CATALOGUES INDIVIDUELS

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2006

Délicieux cadavres exquis ou l’histoire d’une sainte famille recomposée, Le Dojo, Nice

2002

Sandra D. Lecoq, texte de Karim Ghelloussi, Villa Arson, Nice

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CATALOGUES COLLECTIFS

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2012

A l’origine, Nice… , commissaire Hélène Jourdan Gassin, Galerie Marlborough, Monaco

2011

La peinture autrement, L’art contemporain et la côte d’azur, un territoire pour l’expérimentation 1951-2011, COULONDRE Ariane, FRECHURET Maurice, édition Les presses du réel, 2012

2005

La Réserve, Macchi Catherine : Pénélope la salope ou l’âme de la femelle sauvage, p. 18, Galerie des Ponchettes, édition des Musées de la Ville de Nice, 2005

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ARTICLES DE PRESSE, DE REVUES

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2012

Michel Sajn : L’art aux abbatoirs, Stéphanie Marin redessine la scène niçoise, in La Strada N°168, p.11, février 2012

2008

Jean-Marc Réol : Délicieux cadavres exquis ou l’histoire d’une sainte famille recomposée, Nice, Le Dojo, à paraître

Michel Sajn : «Sandra D. Lecoq, «Female wild soul», inLa Strada N° 103, p.17, novembre 2008

2007

Michel Sajn: Portrait, inLa Strada N°81, p. 20, novembre 2007

2005

Sophie Braganti : SPADA Nice, in Chroniques, 2005

2004

Constance Rondet : La culture en chantier, inLe point N°1679, p. IV, 18 novembre 2004

2003

Thierry Davila : Colocataires,inArt Press, novembre 2003.

C. P.: Une cohabitation plurielle, inLa montagne noire, 29 août 2003

Philippe Piget : Entre colocation et cohabitation, inL’oeil, été 2003

Catherine Huber : Colocataires, in Flash, 2003

2002

Saul Ostrow : Prescient then and now: the resonance of Support/Surface, New York, David Gorsky Gallery

«Prescient then and now», http://www.frenchculture.or

Jean Poderos : Reportage “le Queens”, in Beaux Arts N° 218, juillet

Voilà la France, La Gazetta web di Rita Rutiglino

2001

Nathalie Trovato, KUB, Association Kub, Nice

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EMISSIONS TV

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2008

Journal d’Arte édition allemande, 2011 Interview “La peinture autrement”, Musée Chagall, Nice

«Spéciale SDL», Nice Télévision

2005

«Interwiew Télévision», Kanal 40

2002

«Multipistes», Arnaud Laporte, France Culture,

Mourrons les oiseaux

Sandra D. Lecoq  et Virginie Le Touze 

Exposition du 28 juin au 1 septembre 2013

Vernissage le 28 juin 2013

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Retrouvez les sérigraphies sur la boutique de la galerie

 

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Sandra D Lecoq “Flying briefs”, 2013, 76 x 56 cm,
Sérigraphie deux couleurs sur papier Velin d’Arches
Rives BFK 300g, Bords frangés grain torchon, Tirage 25 exemplaires