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Quatre femmes, quatre artistes, quatre sensibilités, quatre visions colonisent la Galerie Eva Vautier. Elles nous guident dans l’exploration des strates cachées. Que se passe-t-il sous les salles d’expositions, derrière les murs ? Les créations prennent vie en sous sol, à travers le plafond, traversent les murs,  s’expriment et se dévoilent, s’affirment malgré les murs blancs qui semblent vouloir les contenir. Elles se saisissent physiquement ou spirituellement du lieu et y suspendent l’inconscient de leur expérience, les traces du passé qui nous hante et nous possède, traces de ce qui sera, de l’histoire familiale, de l’histoire du lieu.  De la fumée, du bois en suspension, du feutre, du charbon qui pousse, de la continuité des lignes dans l’espace, les pièces naissent et se développent, leur croissance semble arrêtée, suspendue dans le temps.

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Alice Guittard fait de ses performances des livres et de ses livres, des vidéos. A moins que ce ne soit l’inverse. Inventant une littérature bien à elle, elle se prend pour une exploratrice, mais sans outil ni preuve scientifique à l’appui. Ce qui importe n’est pas le sommet à atteindre, mais les dérives qu’il génère. L’espace éditorial est alors une vallée de plus où se perdre, pour y tordre la syntaxe des mots et leur signification.

Mathilde Villeneuve

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Charlotte Pringuey-Cessac

Le travail de Charlotte Pringuey-Cessac est caractérisé par un lien fort entre sujet et moyen. Comme la première femme qui aurait peint, selon Pline l’Ancien, elle utilise un charbon – ou, plus précisément, parce que ces dessins sont autrement grands – un tas de charbons charbon. Les premiers témoignages de l’activité, sinon artistique, tout de même représentative de l’homme, sont des peintures murales. Avec des dessins d’arbre sur le mur, Charlotte Pringuey-Cessac s’inscrit dans la plus longue tradition de la peinture, qu’elle soit réelle comme Lascaux ou imaginé comme l’est probablement celle de Pline. Les premières pratiques picturales étaient certainement liées à des rites. Et lorsqu’on la voit travailler, seule, la nuit, lorsqu’on l’entend murmurer, gratter, il devient presque inévitable d’inscrire son travail dans cette tradition. Ce travail, n’est-il pas autant travail sur un objet que travail sur soi-même ? Avec son éponge naturelle, elle efface jusqu’au moment où les repentirs sont aussi importants que les traits : les traces d’effacement font eux-mêmes partie intégrante du tout.

Klaus Speidel

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Pauline Brun

Pauline Brun s’est formée à la danse contemporaine au Conservatoire National de Nice avant d’intégrer la Villa Arson, puis les Beaux-Arts de Paris. Elle poursuit actuellement ses recherches sur le corps et l’espace au Centre Chorégraphique National de Montpellier au sein de ex.e.r.ce – études chorégraphiques : recherche et représentation. Son travail questionne autant l’espace d’exposition que sa représentation à travers des œuvres en volume, des interventions in situ et des vidéos.

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Agnès Vitani prélève, consume, recompose, étire et reforme les éléments et les matériaux qui dans l’intrigue de ses démarches, recouvrent des identités autrement présumées. Consommée, la matière est réhabilitée, vécue, banalisée ou marginalisée. Ces adjectifs ne sont pas concurrents selon le point de vue que nous lui portons.