charlotte-portrait,,

Charlotte Pringuey-Cessac

« Où allons-nous? Tout a été fait. Depuis ces vingt dernières années, il semble que les limites extrêmes aient été atteintes. On ne peut être plus ingénieux, plus raffiné que Ravel, plus audacieux que Stravinsky. Quelle sera la nouvelle formule
d’art ? Il faudra retourner aux sources mêmes, à la simplicité, pour trouver quelque chose de véritablement neuf. Le contrepoint ? Là, sans doute, se trouve l’avenir ! » (Paul Dukas, 1865-1935)

,

,

Je frotte, j’aplatis, j’explose, j’écrase, j’enfonce… . Bruissements d’actions plastiques premières dont naissent des visions sophistiquées, intrigantes qui opposent des principes formels qui ont longtemps servis à distinguer les Abstractions entre elles et dont l’artiste nous prouve la nature primitive : le lyrique et le géométrique, l’expression et le concept que sont-ils d’autre que le reflet de la facture d’un monde où s’oppose toujours l’organique et le cristallin, la faune sous-marine et droit bambou ?

,

,

En réintroduisant des motifs naturels et utilisant des matériaux pauvres, l’artiste nous rappelle qu’au cœur des abstractions, c’est le cœur du monde qu’on entend.

,

,

Artiste post-moderne en quête d’atemporel, Pringuey-Cessac ne se soucie pas d’une « pureté » artificielle : ainsi la figure apparaît, oscille et disparaît, se dissout ou se loge dans le titre. Elle passe naturellement du travail mural à l’appropriation d’un outil administratif, du dessin à la sculpture, de l’in situ à l’action enregistrée en vidéo. Et pourtant, dès lors qu’ils entrent dans sa pratique, tous ces procédés se complètent au lieu de s’opposer ou se succéder. Ils participent ainsi à l’extension d’un univers singulier.

,

,

Les compositions de Pringuey-Cessac montrent son goût prononcé pour le noir, le charbon, le graphite, les traces de vie organique brulée ou comprimée. Le mur lui devient arène verticale, lieu de danse avec la matière, endroit de cadences, de formes organiques, aquatiques ou ardentes. Mais elle ne cesse de contreponctuer ses mouvements expressifs rigoureusement de traits nets, de blancheurs et de silences.

,

,

Même si l’apparence finale n’est jamais anticipée dans ses moindres détails, l’artiste ne s’embarque pas dans un voyage purement instinctif dont l’issue lui serait entièrement inconnue au moment où elle amorce la réalisation. Conçus en fonction du lieu, ses dessins muraux (O.d.e.) et ses sculptures in situ sont réfléchis et préparés longtemps à l’avance. Fruits de gestes bien maîtrisés, leur visée même les encadre : trompe l’œil et anamorphose ne s’improvisent pas.

,

,

Ainsi l’apparence des œuvres reflète une démarche où préméditation et sérendipité ne s’excluent pas. A l’instar du contrepoint et de cette structure A-B-A qui est propre à L’adagio et à la sculpture du même nom, les mêmes principes réapparaissent régulièrement dans son travail pour y engendrer des formes nouvelles à plat ou dans l’espace. Chère à l’artiste, la référence à la musique est omniprésente : ces tampons encreurs où un cadre géométrique renferme un intérieur plus ou moins « chargé » s’appellent Variations.

,

,

Comme lorsque le mur blanc fait charpente dans des braises de charbon noir, les contours des tampons encreurs sont nets, administratifs, comme l’est aussi leur taille standard. Le protocole d’application ne l’est pas moins : 5 tampons et 5 principes de composition et d’action (Tamponner !) donnent lieu à 25 combinaisons. Basculant entre tache et ligne, stabilité et déséquilibre, espacement et superposition, l’artiste y explore des principes de composition et les lois de notre perception : lorsque nous regardons ce dessin avec l’attention requise, chaque combinaison nous donne une sensation bien précise : perte d’équilibre, stabilité précaire ou pause vibrante.

,

,

Inventant de nouveaux procédés ou s’appropriant des techniques existantes, Charlotte Pringuey- Cessac repousse les frontières de son univers dont l’extension se fait de manière horizontale et verticale. Elle élargit et elle creuse en parallèle : après avoir utilisé le charbon pour dessiner, déposant la matière noire sur le papier ou le mur, celui-ci a fini par faire œuvre, à l’instar de ces gommes entièrement saturées de matière noire et des gestes même de la dessinatrice dans dite vidéo. Lorsque ce tronc imposant sauvé du feu devient la sculpture Adagio l’opposition fondamentale entre ondulation naturelle et géométrie artefactuelle se rejoue une fois de plus, à nouveau, autrement.

,

,

Le bois brûlé est aussi la matière de sculpture Le Baiser. Hommage à la Psychanalyse du feu de Gaston Bachelard, on peut y voir comme la réponse de l’artiste au Baiser de Brancusi. L’union entre les amants reste partielle et potentiellement éphémère et leur différence est aussi importante que leur ressemblance.

,

,

Si Charlotte Pringuey-Cessac pose des questions de dessinateur et de sculpteur et travaille constamment à élargir son vocabulaire plastique et son champ d’intervention, ses œuvres ne font jamais l’impasse sur l’expérience du récepteur. Face à ses œuvres, notre imaginaire joue un rôle tout aussi important que notre plaisir des formes et des matières. Les volumes qu’elle crée et les lignes qu’elle tire activent des souvenirs dont nous pouvons parfois nous demander si ce sont vraiment les nôtres ou s’ils ne relèvent pas plutôt de la part que nous prenons à une espèce de conscience collective. Ses œuvres font ainsi surgir des cabanes, des visions sous-marines, des cachettes forestières, des cavernes, des braises ou des démons camouflés qui semblent souvent traverser le temps autant que les cultures. Ghillie-Ghillie rapproche les yokaï, êtres inquiétants de la monstrologie folklorique japonaise et la Ghillie suit, tenue de camouflage qui imite la végétation forestière.
Cette tenue, qui imite son environnement pour mieux s’y fondre est à l’image des compositions de l’artiste qui ne cessent d’osciller entre fusion et mise à distance, présentation et représentation, indice et image, chuchotement et silence.

,

,

Klaus Speidel,
philosophe et critique d’art

 

YôkaÏ, 2014
Charbon de bois, techniques mixtes, 31 x 26 cm

,

Eau, Feu ,

Eau, Feu, ∞, 2014,
Charbon de bois, techniques mixtes, 241 x 391  cm

 ,

,

SONY DSC

Sans titre, 2014,
Charbon de bois, techniques mixtes, 213 x 122 cm

,

,

SONY DSC

Pieuvre, 2013,
Pierre noire sur calque, 24 x 38 cm

,

,

SONY DSC

Les Gommes, 2014,
Gommes et charbon de bois, 34 x 38 cm

,  

,

SONY DSC

Le Baiser, 2014,
Charbon de bois, 34 x 7  cm

,

,

Charlotte Pringuey Cessac n° 5648 [Le Zphyr] 2014 Pierre noire sur calque polyester,Cadre ovale couronn dun nud, en bois dor, 85 x 65 cm,

Le Zéphyr, 2014,
Pierre noire sur calque polyester,
Cadre ovale couronné d’un nœud, en bois doré, 85 x 65 cm

EXPOSITIONS PERSONNELLES

,

2013 Black in Light, Banque Privée, Monte Carlo, Monaco

2010 Les visiteurs du soir, Villa Rivoli, Nice

2002 Mouvements, Paribas Banque Privée, Monaco Transparence, Privé, Nice

,

EXPOSITIONS COLLECTIVES

,

2014 10 ans, Espace à vendre, Nice

2013 Drawing by Numbers, Espace à Vendre, Nice La Réserve, Galerie Laure Roynette, Paris

2012 Métamorphoses, Galerie Laure Roynette, Paris Gravures de Poche, Ancien Collège des Jésuites, Reims

No-Made, Villa Le Roc Fleuri, Cap D’Ail La Poétique de l’Espace, Galerie DDC chez Laurent Mueller, Paris

2011 L’Arboretum, Roure Villa Le Roc Fleuri, Cap D’ail 2010-11 Le Salon de l’Auto, Auto-Station, La Station, Nice

2010 Clairs – Obscurs, UMAM, Château de Cagnes- Sur-Mer

2009-10 Hypothétiques, commissariat Catherine Macchi, Atelier Soardi, Nice

Traits noirs, Musée des Beaux-Arts Jules Chéret, Nice

2008 Biennale de Nîmes, Galerie La Salamandre

On ne prend pas les mêmes et on recom- mence, Chapelle des Pénitents Blancs, Falicon

2007 Tumbleweed II, Collectifs N202 et Le White Club, Museaav, Nice

L’Art c’est renversant, Galeries Lafayette, Nice Tumbleweed, Collectifs N202 et Le White Club, Salzburg, Autriche

Génération 2007, Galerie de la Marine, Mu- seaav, Nice Exposition des étudiants, Galerie expérimentale, Villa Arson, Nice

2006 Ne pas toucher au contour, commissariat Caro- line Challan-Belval, Galerie expérimentale, Villa Arson, Nice

,

AIDES, PRIX, RESIDENCES

,

2012 Résidence à Anyskciai, en Lituanie

2011 Aide à la création, DRAC, Aix-en-Provence

2010 Prix Bonnard, UMAM, Cagnes-Sur-Mer La Forestière du Nord, mécène, aide à la production et à l’édition, Igny 2004-05 Bourse Erasmus, échange avec les Beaux-Arts de Hangzhou, Chine

,

PUBLICATIONS

,

2010 CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE – Nice et Alpes-Maritimes Nice : Abbaye de Saint Pons ; p. 39/40 2009

INRAP – Opération des fouilles du tramway à Nice dirigée par Marc Bouiron : Chap. 5. Études et Analyses de Fragments d’Enduits Peints du XV° ARCHÉAM – Revue

archéologique : Dossier Spécial Abbaye de Saint Pons, L’Église Abbatiale de Saint Pons à Nice : un Exemple d’Architecture Juvarrienne 2008

MÉMOIRE – Master II, Université des Lettres et des Sciences Humaines à Nice : L’Église Abbatiale de Saint Pons et l’Ancien Monastère

,

CATALOGUES INDIVIDUELS

,

2011 Prix Bonnard 2010- Kanesuiban 2011, Éditions U.M.A.M.

2010 Trames de l’imaginaire, Charlotte Pringuey- Cessac, Dessins et sculptures, Éditions La Forestière du Nord

,

COMMANDE PUBLIQUE

,

2011 Dessin mural – charbon de bois (70m2), Hall de l’École Sciences Po Méditerranée, Ville de Menton

En suspens

Exposition du 13 mai au 14 juin 2014

Vernissage le 9 mai 2014

Pauline Brun, Alice Guittard, Charlotte Pringuey-Cessac, Agnès Vitani

ensuspens-crop-u36128

Exposition En Suspens à la Galerie Eva vautier